Restructurer notre élevage n’est pas une mince affaire ; l’Allemagne profite d’une législation sociale favorable. C’est vrai. Mais peut-on se contenter de se retrancher derrière les distorsions de concurrence et le peu de soutien des pouvoirs publics ?
Le cœur de discours de nos voisins européens est tout autre : internationalisation (en Allemagne notamment), connaissance directe des marchés à l’export, relais de croissance hors d’Europe, préparation à l’arrivée de nouveaux compétiteurs, brésiliens ou chinois. On peut s’interroger sur cette mondialisation et cette libéralisation du marché à tout va et on peut choisir de militer contre. En attendant, c’est bien dans cet environnement que doivent travailler nos entreprises. Internationalisation et défense de ses intérêts seraient-ils incompatibles ? A propos de la volatilité des matières premières, si problématique pour nos éleveurs au bord de l’asphyxie, on peut déplorer la spéculation et militer pour une régulation des marchés. Mais il faut bien faire avec, développer une stratégie de couverture de risque, ou pourquoi pas, revenir à l’autosuffisance des éleveurs en matière d’alimentation animale (Westfleisch). Au-delà du fossé culturel entre le consensus à l’allemande et « l’affrontement » à la française, la différence ne résiderait-elle aussi pas dans nos attentes vis-à-vis des pouvoirs publics ? Ces attentes sont légitimes mais il ne faudrait pas qu’elles accaparent le débat sur la compétitivité de nos industries agroalimentaires.
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