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Négociations commerciales « extrêmement tendues »

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Les coopératives demandent des revalorisations entre 13 et 14 %, et constatent « un atterrissage à 8 ou 9 % ». Les discussions achoppent notamment sur les matières industrielles.

À l’approche de la date de clôture des négociations commerciales annuelles, la situation est « extrêmement tendue » avec environ un quart des contrats signés entre les coopératives et la grande distribution, indique le président de la Coopération agricole (LCA), Dominique Chargé, à Agra Presse. Les écarts importants entre les hausses de tarif consenties par les différents distributeurs lors des renégociations successives en 2022 compliquent la donne : les enseignes qui ont fait passer le plus de hausses tendent vers des « rééquilibrages » en se calquant sur leurs concurrents. « Les mauvais élèves sont en train d’entraîner les bons vers le bas », déplore Dominique Chargé.

« Une pression énorme est mise sur les références, ajoute-t-il. Les distributeurs nous disent que, s’ils acceptent des hausses élevées, ils seront obligés de réduire le nombre de références. » Les coopératives demandent des revalorisations établies entre 13 et 14 %, avec « un atterrissage à 8 ou 9 % ». Toute l’attention est portée sur les prix, déplore le président de LCA. Les plans d’affaires, dans lesquels sont abordées les questions de « montée en gamme » et de « démarche de progrès », sont « presque absents des discussions ». « C’est le retour de la guerre des prix et de la menace du déréférencement », en conclut M. Chargé.

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Du mieux pour la matière agricole

Comme l’année dernière, la pression porte principalement sur les matières premières industrielles (MPI). « Nous n’avons pas de garanties à ce stade que les fortes hausses des coûts de l’énergie pourront être couvertes à l’issue des négociations », s’inquiète la Fnil (laiteries « privées ») par la voix de son président-directeur général François-Xavier Huard. Certains distributeurs « jouent le jeu », tandis que d’autres « restent dans une logique de destruction de valeur et de non prise en compte de la réalité des filières alimentaires », déplore-t-il. « Nos entreprises ont déjà pris beaucoup sur leurs marges en 2022 pour augmenter de 25 % le prix du lait. »

Côté matières premières agricoles (MPA), la loi Egalim 2 permet « une meilleure écoute », constate Dominique Chargé. Dans le détail, la troisième option de transparence sur la part de MPA dans les tarifs, c’est-à-dire le recours à l’attestation d’un tiers de confiance, a montré ses limites lors de l’exercice précédent. Alors que la grande majorité des industriels avaient opté pour cette solution l’année dernière, beaucoup ont choisi cette année l’option 2 qui permet de présenter la part agrégée des MPA dans le tarif, sans entrer dans le détail. Or, des distributeurs « contestent » les chiffres avancés par les entreprises. « L’option 2 devient aussi un piège, ça ne va pas favoriser son développement », constate le président de LCA.

Des « rééquilibrages » entre distributeurs