À l’issue du comité de suivi hebdomadaire des renégociations commerciales, le 21 juillet, le ministère de l’Agriculture a évoqué, auprès de la presse, les pratiques « très problématiques » d’une centrale d’achat et d’une enseigne, qu’il qualifie de « francs-tireurs ». Selon plusieurs sources concordantes contactées par Agra Presse, il s’agirait du distributeur Intermarché et de sa centrale d’achat partagée avec Casino, Auxo-ITM. Les retards constatés seraient en grande partie dus à ces acteurs, affirme le gouvernement, alors que des avancées « notables » ont été effectuées depuis le début du mois de juillet dans les renégociations entre les industriels et les autres distributeurs.
Le cabinet du ministre a décrit l’envoi de « notes de crédit » aux fournisseurs de l’enseigne, destinées à « ne pas renégocier le tarif ». « Nous avons des raisons de penser qu’elles ne servent qu’à conquérir de nouvelles parts de marché, dès lors que les négociations ont bien avancé avec d’autres enseignes. C’est une pratique qui nous semble tout à fait déloyale », a déclaré l’entourage du ministre. De plus, ces notes ne respecteraient pas les lois Egalim sur le seuil de revente à perte rehaussé (SRP), les clauses d’indexation des matières premières agricoles, ou encore les délais de paiement. Le gouvernement annonce qu’il saisira la CEPC (commission d’examen des pratiques commerciales) sur ce dossier. Outre les pratiques de ce couple distributeur-centrale d’achat, le ministère de l’Agriculture fait état de « doutes » concernant des hausses de prix constatées dans les rayons de certaines enseignes, alors même que les négociations avec leurs fournisseurs n’ont pas abouti. Il souhaite que les euros engendrés soient « redistribués aux industriels ».