À la veille de la date butoir des négociations commerciales, « beaucoup d’accords ne sont pas signés » avec les distributeurs, a indiqué le 27 février Coop de France, en signalant à nouveau des demandes de baisse des prix. « Rien n’a changé » après les États généraux de l’alimentation, selon le président Michel Prugue, pour qui le rapport avec les grandes enseignes s’est même « dans de nombreux cas aggravé ». « Les demandes de baisse des prix sont majoritaires auprès de nos entreprises », a-t-il ajouté, allant de « 3 à 4 % dans des filières où cela n’est pas légitime ». S’y ajoutent des demandes de compensation de perte de marge sur 2017 et une « explosion des promos ».
Dans la filière lait, les négociations commerciales se sont « un peu mieux passées », a déclaré Rachel Blumel, directrice de Coop de France Agroalimentaire : le prix du beurre a été revalorisé, selon elle. « Les hausses tarifaires obtenues sur le beurre ne sauraient masquer les pratiques destructrices de valeur sur les autres produits agricoles et alimentaires, considère Michel Prugue, cité dans un communiqué. Au mieux, nous constatons un rattrapage partiel des baisses imposées les années précédentes. Au pire, nous sommes confrontés à des baisses de prix inquiétantes pour la viabilité financière de nos entreprises. »
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Coop de France chiffre de 3 à 12 % les demandes de déflation généralisée sans contrepartie, selon les enquêtes auprès de ses adhérents. 60 % des répondants ont indiqué avoir reçu des demandes de budgets additionnels pour la fin 2017 afin de compenser les pertes de marges de leurs clients. Pour un tiers des coopératives, le montant des promotions a dépassé le budget fixé initialement, sans générer de volume supplémentaire dans la grande majorité des cas. L’enquête montre aussi une « multiplication des menaces de déréférencement », parfois mises à exécution et reconduites comme en 2016, et un « alourdissement général des exigences logistiques », qui n’ont pu être discutées pour un répondant sur deux.
Coop de France chiffre de 3 à 12 % les demandes de déflation généralisée sans contrepartie