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Négociations commerciales : vives tensions entre industriels et distributeurs

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Le bilan du troisième comité de suivi entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs avec les ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation et de l’Industrie a mis au jour de vives tensions entre les parties. Chacun campe sur ses positions, les signatures de contrats n’avancent pas, mais la date de clôture des négociations fixée au 28 février ne sera pas décalée, assure le ministre Julien Denormandie.

À un mois du bouclage des négociations commerciales annuelles, les relations restent très âpres entre industriels et distributeurs, sur fond de tensions inflationnistes. En témoigne le troisième comité de suivi réunissant producteurs, transformateurs et distributeurs autour des ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation et de l’Industrie. Loin de mettre toutes les enseignes dans le même panier, le ministère de l’Agriculture reconnaît néanmoins que « plusieurs points sont inquiétants ». Et de mettre en avant « la difficulté de prise en compte de l’augmentation des coûts de production dans un certain nombre de filières agricoles ». Et « il est indispensable de prendre en compte la totalité des coûts, ceux qui ne sont pas agricoles pouvant représenter jusqu’à 60 % des coûts de production des entreprises », rappelle quant à elles l’Ania, l’Ilec et la Coopération Agricole dans un communiqué commun le 27 janvier.

Stop à la guerre des prix

Et d’appeler, une nouvelle fois, à la fin de la guerre des prix imposée par les distributeurs. « Ces négociations commerciales doivent s’inscrire dans une logique de cycle vertueux, du producteur jusqu’au consommateur, en préservant la pérennité des entreprises de la filière agricole et alimentaire partout sur le territoire, ainsi que les emplois générés », expliquent encore ces trois organisations. Le constat n’est guère plus brillant du côté de la Feef qui précise qu’« à date, les distributeurs refusent d’appliquer les demandes de hausse de tarif des industriels PME, d’environ 6 à 8 % ». Des hausses « justifiées et raisonnables », rappellent la fédération, pour tenir compte tenu de l’inflation généralisée sur les matières premières agricoles et industrielles. Et selon la Feef, « Egalim 2 n’aide pas les transformateurs PME à passer leur tarif. Pire, la non-négociabilité des produits agricoles a entraîné de facto la négociabilité des emballages, de l’énergie, du transport et des salaires ». Ce que les enseignes ne peuvent plus négocier sur les matières premières agricoles, elles le négocient sur le reste.

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Chacun jouant son rôle, la Fédération du commerce et de la distribution à quant à elle dénoncé des demandes de hausse des industriels qui atteindraient 7 à 8 % et qui « ne correspondent que pour un tiers aux conséquences de l’inflation des matières premières agricoles ». Et des distributeurs ont fait part de leurs inquiétudes sur la réaction des consommateurs face au « mur d’augmentations » des prix, selon l’expression de Michel-Edouard Leclerc. Un argument autour du pouvoir d’achat qui s’inscrit dans « une logique court-termiste et fragilise notre tissu industriel et social », s’est agacée la Feef.

Du retard dans les signatures des contrats

À la date du Comité de suivi, seuls 10 % des contrats avec la grande distribution ont été signés, selon une source ministérielle. Mas pas question pourtant de modifier le calendrier. Julien Denormandie l’a ainsi assuré à la presse à l’issue du Comité, affirmant que la date de fin des négociations commerciales fixée au 28 février, ne sera pas décalée « comme certains auraient pu le souhaiter ». Les industriels et les distributeurs n’étant pas parvenus à un accord d’ici au 1er mars s’exposeront à des « sanctions », a-t-il prévenu. Le ministre veut « maintenir la pression » afin d’obliger les partenaires commerciaux à finaliser leurs contrats. « Si la loi Egalim 2 n’avait pas été là, la situation serait encore plus catastrophique pour le monde agricole », a-t-il poursuivi, réaffirmant la « fermeté totale » du gouvernement envers ceux qui ne respecteraient pas la loi. Les ministres ont donc décidé d’intensifier les contrôles menés par la DGCCRF, de lancer une adresse ([email protected]) pour signaler des prix en magasin qui paraissent trop bas par rapport aux coûts de production et enfin de renforcer la médiation.

Selon une source ministérielle, seuls 10 % des contrats avec la grande distribution ont été signés à la fin du mois de janvier