Le spécialiste des machines à café Nespresso est rattrapé par les plaintes de ses concurrents. Le groupe a pris plusieurs engagements pour permettre le développement de capsules autres que les siennes sur des propres machines à café
Le leader du secteur des machines et capsules à café s'est engagé auprès de l'Autorité de la concurrence à modifier ses pratiques pour permettre d'ouvrir le marché français des dosettes de café. Plusieurs de ses concurrents, parmi lesquels DEMB (marque l'Or Espresso) l'ex-Sara Lee, et Ethical Coffee Company (marque Espresso et distributeurs).
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En pratique, Nespresso liait l'achat de ses machines à celles des capsules de la marque, modifiait régulièrement ses machines pour les rendre incompatibles avec les capsules des autres fabricants et recommandait l'utilisation exclusive de ses capsules à ses consommateurs. Autant de pratiques qui rendaient impossible l'entrée et le développement d'autres fabricants de capsules sur ce marché lucratif. En France, 73% des machines à café expresso portionné vendues sont de marque Nespresso et 85 % des capsules compatibles avec les dites machines également de marques Nespresso (chiffre 2012).
Dans le communiqué diffusé par l'Autorité de la concurrence le 17 avril, Nespresso prend trois types d'engagements : communiquer avec les fabricants de capsules qui en feraient la demande toutes les modifications techniques apportées aux machines, proposer de nouvelles conditions de garanties quelle que que soit la marque de la capsule utilisée et enfin s'interdire de formuler tout commentaire sur les capsules des concurrents. « Une consultation auprès des acteurs du secteur (test de marché) doit permettre de vérifier que cette proposition d'engagements est suffisante pour répondre aux préoccupations de concurrence qu'elle a identifié », indique le communiqué. Jean-Paul Gaillard, le président d'Ethical Coffee Company SA, s'est de son côté félicité de la décision de l'Autorité de la concurrence : « Pour nous, c'est excellent. (...) Cela prépare les conditions qui permettent à chacun de développer sa position », a-t-il déclaré à l'AFP. Plus mesuré, DEMB indiquait dans un communiqué avoir « l'impression que les engagements proposés permettent encore à Nestlé de restreindre le libre choix des consommateurs ». À l'issue de ce test de marché ouvert jusqu'au 19 mai, le collège de l'autorité de la concurrence décidera de la suite à donner à cette affaire.