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Nestlé envisage de se débarrasser de la charcuterie Herta

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À l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, le groupe Nestlé a annoncé mener un examen stratégique sur ses activités de charcuterie et produits carnés Herta (près de 600 M€ de CA en 2018) qui pourrait aboutir à une cession. Une éventualité qui n’a pas vraiment surpris et qui entre dans le cadre de sa stratégie visant à se concentrer sur le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile et l’eau embouteillée.

À l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, le groupe Nestlé a annoncé mener un examen stratégique sur ses activités de charcuterie et produits carnés Herta (près de 600 M€ de CA en 2018) qui pourrait aboutir à une cession. Une éventualité qui n’a pas vraiment surpris et qui entre dans le cadre de sa stratégie visant à se concentrer sur le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile et l’eau embouteillée.

Le géant suisse Nestlé a publié le 14 février 2019 des résultats annuels plutôt meilleurs qu’attendu et annoncé réfléchir à une éventuelle cession d’Herta. Avec un chiffre d’affaires de 91,439 milliards de francs suisses (80,53 Mrd€), la croissance organique ressort à 3,0 % sur l’ensemble de 2018 (+2,12 % en publié) et même de 3,7 % sur le seul dernier trimestre. Elle était de 2,4 % en 2017. Cette croissance est "soutenue par le renforcement de la dynamique aux États-Unis et en Chine, les deux plus grands marchés de Nestlé", indique le communiqué. De son côté, le résultat opérationnel courant récurrent a augmenté de 5,1 % à 15,5 milliards CHF (13,65 Mrd€), soit une marge opérationnelle courante récurrente à 17,0 % (16,5 % en 2017).

Concernant Herta, le groupe a précisé que " cet examen stratégique couvre les activités de charcuterie et produits carnés Herta en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, au Royaume-Uni et en Irlande, qui ont généré des ventes de quelque 680 millions CHF (près de 600 M€) en 2018". De fait, Nestlé compte conserver et même continuer à développer les activités existantes de produits végétariens et de pâtes à gâteau de la marque Herta.

Le géant suisse est pressé de céder des actifs non stratégiques par l’activiste Third Point depuis que ce dernier est entré dans son capital en juin 2017 et détenait 1,3 % à l’époque. Il serait donc prêt aujourd’hui à se séparer de sa célèbre marque de knacki. Cette stratégie suit surtout l’évolution des demandes des consommateurs, explique Nestlé avec une demande accrue pour des produits plus sains pour la santé et avec une moindre empreinte environnementale. Mark Schneider, le directeur général de Nestlé a mis en avant l’attention accrue que porte le groupe "aux offres à base végétale à forte croissance, notamment la gamme Garden Gourmet en Europe et les produits à base végétale de la marque Sweet Earth aux États-Unis".

La cession du pôle Skin Health bien engagée

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Outre une succession de voyants au vert, les analystes ont salué la cession d’Herta, déjà plusieurs fois évoquée sur le marché. Patrik Schwendimann de la Banque cantonale de Zurich s’attendait toutefois "à une telle démarche depuis environ 10 ans". De son côté, Liberum aimerait que le groupe accélère la cadence. "Nous encourageons un rythme de changement accéléré. Un portefeuille allégé axé sur les catégories à forte croissance devrait permettre une amélioration de la croissance organique des ventes", a indiqué la banque d’investissements, citée par AWP.

Quoi qu’il en soit, la décision concernant le pôle charcuterie Herta devrait être prise d’ici fin 2019. Lors d’une conférence avec les analystes, Mark Schneider a par ailleurs indiqué que le processus de cession de la division Skin Health (soin de la peau) de Nestlé rencontrait " un très très vif intérêt". Les premières soumissions pour l’unité, qui devrait atteindre 7 milliards CHF (6,16 Mrd€), devraient être présentées le 6 mars, ont annoncé deux sources proches du dossier, citées par Reuters le 14 février.

En revanche, le groupe ne semble toujours pas prêt à répondre favorablement à la demande pressante de Third Point de sortir de L’Oréal, dont il détient 23,2 %. Mark Schneider a refusé de s’exprimer sur ce sujet lors de la conférence de jeudi dernier.

Pour 2019, le géant de l’agroalimentaire compte encore améliorer sa croissance organique, au-delà de 3 % sachant qu’il compte renouer avec une croissance des ventes de l’ordre de 5 % et vise une marge d’exploitation ajustée de 17,5-18,5 % d’ici 2020. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, Nestlé entend se concentrer sur le café, les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile et l’eau embouteillée.