Alors que la production a dû reprendre le 1er septembre sur décision du juge, l’avenir de l’usine de Saint-Menet de Nestlé a fait l’objet d’une nouvelle table ronde réunie par le préfet de région cette semaine. Les salariés ont un mois pour trouver un repreneur crédible.
Avancée dans le délicat dossier de l’usine de Saint-Menet que Nestlé France entendait fermer : la direction de l’entreprise a accepté de céder à un éventuel repreneur et pour un euro symbolique, une partie de ses installations et équipements de l’usine de café soluble et de chocolat située près de Marseille. Mais le repreneur devra être trouvé par les salariés ou les collectivités locales sous un mois et ne pourra disposer des équipements « stratégiques et propriétaires», a précisé le directeur industriel, Jean-Pierre Carli, à l’issue d’une réunion tenue à la préfecture avec les syndicats.
Cession possible d’une part des équipements
L’usine Nestlé de Marseille-Saint-Menet, construite au début des années 50, produit sur 25 ha, dont 10 réservés à la production, du chocolat (tablettes, barres et boîtes d’assortiment) et des boissons instantanées, dont du café soluble et décaféiné. Les équipements qualifiés de « non-cessibles » par la direction sont ceux qui représentent « une barrière technologique par rapport à la concurrence » : dans la production de café, la ligne d’extraction et sa tour de séchage d’extraits de café, procédé « exclusivement Nestlé », ainsi que l’évaporateur permettant de concentrer l’extrait de café avant séchage et une ligne de conditionnement de boîtes ; et pour le chocolat, la ligne de conchage, qui permet d’affiner le goût du chocolat. Mission a d’ailleurs été donnée au président de la Chambre de commerce Jacques Pfister, ancien p.-d.g. d’Orangina, d’établir définitivement cette liste des équipements cessibles.
Avant la fermeture temporaire le 24 juin, l’usine qui compte 427 salariés et dont la production a progressivement diminué, produisait environ 15 000 tonnes par an de chocolat et environ 6 000 tonnes de café. En fait, elle ne fonctionnait qu’à 30 % de ses capacités.
La production a repris progressivement le 1er septembre, le tribunal de grande instance de Marseille, saisi en référé, ayant ordonné son redémarrage.
Vers une aide publique ?
La recherche d’un repreneur crédible pour l’usine marseillaise de Nestlé Saint-Menet, dont le projet de fermeture remontait à plus d’un an, était au centre de cette nouvelle table ronde organisée le 5 septembre par la préfecture de région Provence-Alpes-Côte d’Azur à la demande du Premier ministre Dominique de Villepin,
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Les syndicats sont arrivés avec leur projet alternatif qui prévoit le maintien de 300 emplois grâce à une production orientée sur la chocolaterie pour le « hard discount » et les marques de distributeurs, mais ce projet suppose un repreneur. La direction de Nestlé pour sa part « ne voit pas comment un repreneur dans la même activité pourrait se présenter » et n’entend pas, dans l’élaboration de son plan de revitalisation de l’usine, voir un concurrent s’y installer.
C’est ce verrou en particulier que les salariés espèrent voir sauter, avec l’appui des pouvoirs publics. « Si l’on ne peut s’opposer à la décision de Nestlé de quitter Marseille, il n’est pas en revanche acceptable que la société exclue une reprise du site par un industriel susceptible de poursuive une activité dans le même secteur », a expliqué la préfecture.
Pas d’engagement de sous-traitance
Nestlé a obtenu de conserver le droit de refuser un repreneur qui risquerait d’aller à l’encontre de ses intérêts commerciaux et qui ne présenterait pas « un business plan réaliste à un horizon de plus de deux ans ». Le groupe ne s’est pas engagé en tout cas à prévoir un contrat de sous-traitance provisoire auquel tiennent pourtant les syndicats.Et il reste donc circonspect et continue de mettre en avant son plan « avantageux » de sauvegarde de l’emploi où la société « compte aller au-delà de ses obligations sociales ». « Entre 425 et 430 » postes seront proposés en reclassement interne dans les autres usines françaises, ainsi qu’un « accompagnement aux reclassements externes » et quelque 70 préretraites, avance le groupe suisse.
Du côté des pouvoirs publics, le soutien au plan alternatif des salariés s’arrêtera-t-il là ? Après avoir joué son rôle de médiateur, le préfet a indiqué qu’un cahier des charges allait être rédigé pour lancer un appel à des candidatures étrangères et il n’a pas exclu une « aide éventuelle de l’Etat pour le repreneur ».