Dans un courrier adressé le week-end dernier à Nestlé, le fonds Third Point, détenu par l’activiste Daniel Loeb, a émis de vives critiques sur la stratégie du groupe qui limite selon lui la rentabilité. Le fonds qui détient une participation de 1,25 % dans le capital du géant suisse, lui demande sortir de certaines activités pour se recentrer sur des marchés porteurs et à fortes marges, telle que le café, l’eau ou encore le pet food. Daniel Loeb aimerait également que Nestlé vende sa participation dans l’Oréal, pour laquelle le groupe n’est pas en mesure de fournir une "justification stratégique de long terme", estime Third Point. Les gains retirés de cette cession permettraient notamment de rémunérer les actionnaires, indique-t-il.
En réponse par voie de communiqué, Nestlé a énuméré toutes les décisions prises ses derniers mois pour accélerer "le repositionnement du portefeuille en mettant clairement l’accent sur ses catégories à forte croissance et à forte marge". La société indique par ailleurs être "en bonne voie pour atteindre ses objectifs 2020 en matière d’amélioration des marges, de résultat opérationnel et d’économies de coûts structurels”. Nestlé a un objectif de marge de 17,5 % à 18,5 % d’ici 2020. Le fonds estime que le groupe pourrait atteindre 20 % d’ici 2022, après 16,5 % en 2017 et qu’il peut doubler son bénéfice par action à 7 CHFcontre 3,55 CHF en 2017.
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Si elle partage les critiques émises par Third Point au niveau de la rentabilité et de la cession de la participation L’Oréal, la banque d’affaires Jefferies est plus réservée sur la façon de faire de l’activiste. Les analystes cités par l’agence AWP se demandent "si le comportement vindicatif permettra d’atteindre le changement" auquel aspire Daniel Loeb. « Avec une participation d’environ 1,3 %, Third Point est un petit actionnaire arrivé sur le tard et il n’est pas clair qu’il bénéficie d’un soutien parmi les autres investisseurs ». Quant à Kepler Cheuvreux, il suspecte le fonds américain de vouloir remplacer Paul Bulcke le président du conseil de surveillance par Jan Bennink, ex-patron du néerlandais Numico.