Numéro un du marché hexagonal de l’eau embouteillée, dont il s’arroge 25,6 % des ventes en volume, Nestlé Waters France (groupe Nestlé) projette de supprimer 742 emplois d’ici 2007, dans son siège social et ses usines d’embouteillage. Selon son président Richard Girardot, le groupe met en œuvre un « plan d’adaptation » de ses structures, qui se traduit à l’interne, par «
La filiale française de Nestlé spécialisée dans les eaux embouteillées (1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires) envisage de conclure un accord CATS (cessation d’activité des travailleurs salariés). Ce projet pourrait entraîner, sur une base volontaire, le départ en pré-retraite d’ici 2007 de 742 employés, âgés alors de 57 ans et demi. Dans le même temps, l’entreprise vise un taux de remplacement d’une personne pour six départs. Dans cette configuration, 620 emplois seraient supprimés, estime la CFDT de Vittel. Quatre sites seraient principalement concernés par la mesure : Issy-les-Moulineaux où sont implantés le siège et la force de vente, et les usines de Vittel, Contrex, Perrier, et dans une bien moindre mesure, l’unité de Quézac.
Des faiblesses dans la production
L’entreprise explique son projet par la nécessité d’améliorer son niveau de performances. A la fin du mois d’octobre, les ventes du groupe en volume ont dépassé 114 millions de cols, un résultat supérieur aux prévisions, « preuve que nous savons vendre nos marques », commente-t-on au siège du groupe. En revanche, le résultat financier apparaît en dégradation par rapport au budget, signe de « faiblesses » en termes de production et d’approvisionnement des marchés.
Le ratio de productivité dans les usines françaises avoisine 700 000 cols par employé et par an contre 1,8 million dans des sites implantés en Italie ou dans d’autres pays, explique le porte-parole du groupe. Du côté de la CFDT, l’on s’interroge sur le périmètre de ce calcul, et l’on souligne notamment qu’une unité d’embouteillage de conditionnement en verre de Perrier, exige un personnel beaucoup plus important et tourne moins vite qu’une usine spécialisée dans le PET.
Des négociations qui débutent
Le syndicat fait surtout valoir que le groupe n’apporte « aucune preuve de la faisabilité technique » de son projet. Les organisations futures, qui vont découler de nos prévisions, seront négociées unité par unité, service par service, rétorque-t-on chez Nestlé Waters France. L’on y souligne les ambitions de développement pour Perrier et les autres marques, y compris à l’exportation qui sera encore accentuée.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Interrogé sur les réactions des salariés, le responsable de la communication du groupe souligne leur intérêt « ainsi que celui des organisations syndicales » pour le système de départ en préretraite. En revanche, précise-t-il, le taux de remplacement prévu provoque le désaccord, mais « les négociations ne font que débuter ».
Un marché hautement concurrentiel
Nestlé Water France prend aussi en compte dans sa décision la concurrence de plus en plus forte que se livrent les opérateurs. Sur le marché français, qui représente 450 millions de litres par an, le trio de tête évolue dans un mouchoir de poche. Derrière le leader Nestlé, qui s’arroge 25,6 % des ventes en volume, Danone en totalise 22,7 %, et Neptune (groupe Castel 21,3 %).
Des changements s’amorcent à travers la montée des eaux de source, qui grignotent des parts de marché et pourraient bientôt dépasser les eaux premium, essentiellement minérales. Se profile aussi à l’horizon l’arrivée de nouveaux intervenants, Coca-Cola et Pepsi-Cola , qui ont déjà débarqué en Espagne, en Allemagne et en Europe de l’Est, le premier se préparant désormais à investir le marché britannique avec sa marque Dasani, qu’il appuiera avec un budget promotionnel estimé à 10 millions d’euros.