À l’heure où des pays libéraux comme le Royaume-Uni renforcent l’intervention de l’État en faveur de la promotion de leur agro-alimentaire, le secrétaire d’État à l’Agriculture compte muscler l’appareil français de promotion, pour plus d’efficacité sur les marchés extérieurs.
Le thème du ressaisissement de l’agro-alimentaire français face à une concurrence internationale exacerbée est d’actualité. Deux semaines après l’annonce d’un plan pour renforcer le secteur agro-alimentaire (qui est, rappelons-le, le débouché pour les deux tiers de la valeur agricole française), Nicolas Forissier s’attaque à un des volets de ce programme : la promotion sur les marchés extérieurs. Précédemment président d’Ubifrance, la question de la promotion à l’extérieur lui tient particulièrement à cœur.
L’Etat se désengagera du capital
Pour que les opérations de promotion à l’étranger soient renforcées, il souhaite conforter la Sopexa (Société pour l’expansion des ventes des produits agricoles et alimentaires). Il estime que « son rôle dans la promotion de l’image France est essentiel». Il s’en est entretenu avec Dominique Chardon, président de la Sopexa, le 21 juillet. Il souhaite que la Sopexa se concentre sur le conseil et l’accompagnement des PME sur les marchés extérieurs et sur le défrichage de futurs marchés.
Pour cela, la Sopexa devra redéfinir ses relations avec l’État. « Il faudra passer d’une pratique de subvention à une pratique de la prestation», indique-t-on dans l’entourage de M. Forissier. Sur ce terrain, la Sopexa n’a pas à rougir : elle a remporté 78% des appels d’offres des offices, rappelle-t-on auprès du secrétaire d’État. La Sopexa est une société anonyme, dont les capitaux sont à 25% publics, via les offices et Ubifrance. Le reste est détenu par les professionnels, principalement par les interprofessions.
Il est prévu que l’État se désengagera progressivement de la Sopexa en tant qu’actionnaire, a rappelé Dominique Chardon. « Cela ne signifie nullement que l’État se désengage du soutien qu’il apporte à la Sopexa. Il n’y a pas de corrélation entre le fait d’être actionnaire et le fait de s’engager pour la promotion de l’agro-alimentaire », a-t-il souligné. Pas question en tout cas d’abandonner le soutien public à la Sopexa, si l’on en croit M. Forissier. Son porte-parole fait remarquer que « d’autres pays ne se privent pas de financer la promotion de leurs exportations. Il ne faut pas être les derniers à le faire ».
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Des programmes contractuels
Les subventions seront peu à peu remplacées par des « contrats d’objectifs et de moyens ». Des discussions entre le secrétariat à l’Agriculture et la Sopexa doivent définir ce que seront les nouveaux rapports entre l’État et la Sopexa et ce que recouvriront ces contrats d’objectifs et de moyens. L’idée de ces programmes est de définir des buts : en clair, l’État souhaite atteindre tel objectif de promotion dans tel pays, pour tel produit. Il soutiendra la Sopexa pour ces objectifs bien précis.
Sera traitée également la question des rapports entre la Sopexa et Ubifrance. « On ne peut parler de doublons entre les deux organismes. Ils sont chacun différents. La Sopexa travaille sur les promotions collectives et le défrichage des marchés. Ubifrance est spécialisé dans les études de marché », précise-t-on chez Nicolas Forissier. Les deux organismes ont des fonctions complémentaires, qu’il s’agira de mieux faire fonctionner « en synergie ».
Il est prévu que les discussions sur les missions de la Sopexa aboutissent à l’automne, par exemple au moment du Sial (du 17 au 21 octobre).