Edouard Philippe, le 4 juillet, puis Nicolas Hulot, deux jours plus tard, ont annoncé une série de mesures environnementales. Le fameux « plan climat » commence à voir le jour, mais certaines mesures ne sont pas encore complètement abouties.
Le 6 juillet, Nicolas Hulot a dévoilé les grands axes du plan climat du gouvernement tout en annonçant que « de nombreuses mesures vont être précisées dans le projet de loi de finance à la rentrée ». Il a dit vouloir fixer « un cap » à travers ce plan. Edouard Philippe en avait déjà tracé les grandes lignes lors de son discours de présentation du programme du gouvernement le 4 juillet à l’Assemblée nationale. Ainsi, le gouvernement a annoncé la fin de l’attribution de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures (projet de loi à la rentrée). « Les dernières centrales à charbon seront mises à l’arrêt d’ici 2022 », a déclaré le ministre. Des « contrats de transition écologique » accompagneront les territoires concernés et les salariés de ces secteurs. Le gouvernement souhaite développer les énergies vertes et l’autonomie énergétique. Ainsi Nicolas Hulot prendra des mesures pour « simplifier le cadre réglementaire » et une programmation d’appels d’offres sur les cinq prochaines années sera présentée « d’ici un an ». De plus, une aide sera mise en place pour « les quartiers ou les zones rurales » afin de les aider à produire leur propre énergie.
La neutralité carbone à l’horizon 2050
La neutralité carbone à l’horizon 2050 est également visée, mais une partie des solutions pour atteindre cet objectif est remise à plus tard. Pour autant, Nicolas Hulot annonce « la fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici 2040 ». Un objectif qu’il souhaite même « proposer » au niveau européen. Le prix de la tonne de carbone sera fixé dans le prochain projet de loi de finance 2018. « Nous allons renforcer le prix du carbone pour donner un prix à la pollution », s’est exclamé le ministre. Les bâtiments mal isolés qui sont des « passoires thermiques » devront être éradiqués dans les « dix ans » à venir, pour un budget prévu par le gouvernement de quatre milliards d’euros. Nicolas Hulot a confirmé l’objectif de ramener de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité, et donc la nécessité de « fermer un certain nombre de réacteurs ». Le plan veut également « engager la transformation des systèmes agricoles ». Au programme : la réduction des engrais azotés ou encore la lutte contre l’artificialisation des sols. Mais cela reste à discuter, notamment au cours des États généraux de l’alimentation qui débuteront d’ici quelques jours.
Fin des produits agricoles importés source de déforestation
Interrogé sur l’artificialisation toujours galopante des terres et la poursuite de projets d’infrastructures contestés (projet de Gonesse ou LGV Lyon-Turin), Nicolas Hulot a estimé que « l’objectif zéro artificialisation des terres doit demeurer », sans donner davantage de détail. Autre décision importante du plan, la volonté de « mettre un frein définitif à la déforestation » dans le monde en arrêtant les importations de produits forestiers ou agricoles contribuant à cette déforestation. Il a, en effet, jugé « schizophrène » d’inciter « nos industriels à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre » et de « s’accommoder que des millions d’hectares de forêts qui sont des puits de carbone se transforment en sources de carbone, que des zones humides, des mangroves soient détruites dans une forme d’indifférence ». L’objectif est donc de « diviser par deux la déforestation en 2020 et d’y mettre fin en 2030 ». « Cette décision est très importante », a rappelé le ministre, « car nous allons fermer une fenêtre qui donnait la possibilité d’incorporer de l’huile dans les biocarburants ». Edouard Philippe avait également notifié la volonté du gouvernement de diviser par deux des déchets mis en décharge et le recyclage à 100 % des plastiques sur tout le territoire d’ici 2025.
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Climat : Emmanuel Macron et Jim Yong Kim s’engagent à défendre l'accords de Paris
Emmanuel Macron et Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, ont réaffirmé le 6 juillet leur volonté de défendre l'accord de Paris lors du G20 de Hambourg, les 7 et 8 juillet. « Monsieur Kim et moi-même souhaitons mobiliser les financements et aller plus loin en matière d’ambition et de réalisation en la matière », a déclaré Emmanuel Macron. Il entend aussi que l’Europe « aille plus loin » en matière de climat. De son côté, le président de la Banque mondiale a salué l'accord de Paris comme l’« un des plus importants dans l’histoire du monde » et approuvé la volonté de « solutions concrètes » du président français.
Les ONG restent sur leur faim
« Sur le diagnostic, rien à redire. Mais où sont les mesures concrètes face à l’urgence climatique ? Nous restons sur notre faim quant à la manière d’atteindre les objectifs et de tenir les promesses », a déclaré Cyrille Cormier, chargé des questions climat et énergie à Greenpeace France, le 6 juillet. Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE parle des « généralités de Monsieur Hulot ». Globalement, « il y a des idées, mais cela reste assez général », souligne-t-il. Pour autant, Nicolas Hulot « pose les problèmes fondamentaux », selon lui. De son côté, WWF France relève que « c’est la première fois que la France s’engage aussi clairement sur un objectif de neutralité carbone en 2050 ». Face à certains sujets comme la réduction des produits agricoles importés source de déforestation, Greenpeace s’interroge : « Nicolas Hulot aura-t-il la main face au ministère de l’Agriculture sur ce type de questions ? »