En pleine crise de l’élevage, les Républicains organisaient le 3 février une journée de travail sur « l’agriculture et la ruralité » et présentaient « un programme ambitieux et fort pour l’agriculture française ». Nicolas Sarkozy annonçait vouloir faire de la France la première agriculture en Europe et « le troisième exportateur agroalimentaire mondial avant 2020 ». A la clef, rien moins qu'un "plan Marshall" évalué à 10 milliards d'euros pour l'agriculture.
En clôture d’une journée de travail sur l’agriculture, le président des Républicains Nicolas Sarkozy a tantôt fustigé les décisions du gouvernement actuel, tantôt fait part des propositions de son parti pour sortir l’agriculture de cette « crise absolument majeure ». Il propose notamment un « vaste plan de revitalisation rurale » autour de la santé, le développement économique, l’aménagement numérique, les services publics et l’habitat. Il s’agirait d’un « plan Marshall » qui coûterait dix milliards d’euros reposant sur « un principe de parité » : à « un euro investi en ville doit correspondre un euro investi dans nos campagnes » a-t-il déclaré.
Organisation des filières
Premier chantier, celui de la contractualisation. Les Républicains veulent encourager « l’organisation par filières […] en prenant pour exemple des filières bien structurées ». Ils estiment que « les filières viande bovine, viande de porc ou fruits et légumes méritent une meilleure organisation ». Le but étant, « quitte à faire évoluer le cadre du droit de la concurrence au niveau européen » de permettre aux acteurs de « définir des stratégies communes ». Ils veulent d’ailleurs que la France retrouve « toute sa place » à Bruxelles pour pouvoir y mener « une stratégie d’influence ».
Stop au verdissement
Pour assurer une meilleure compétitivité aux exploitations françaises, les Républicains veulent diminuer les charges et s’engagent à revoir la fiscalité agricole à travers un lissage des revenus sur cinq ans afin de tenir compte de « l’aléa ». Ils souhaitent par ailleurs « cesser d’étouffer inutilement les exploitants agricoles sous des contraintes administrativement superflues » en mettant un terme à la surtransposition du droit européen et en adoptant le principe du « aucune norme nouvelle sans la consultation préalable des agriculteurs ».
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Agacé par la politique environnementale du gouvernement, Nicolas Sarkozy veut un changement radical. Il suggère de transférer du ministère de l’Environnement au ministère de l’Agriculture le pilotage des politiques environnementales qui concernent les agriculteurs. Il s’est montré très critique à l’égard du principe de précaution « où l’on s’abstient de faire » qu’il veut remplacer par un principe « de la responsabilité » où « on fait et on en assume les conséquences ».
Les Républicains veulent transférer au ministère de l’Agriculture le pilotage des politiques environnementales qui concernent les agriculteurs.
Anne Boissel (Debout La France) : « Créer un rapport de force avec les laiteries »
Alors que les contrats laitiers arrivent à une période de renouvellement, « il faut créer un rapport de force avec les laiteries », explique Anne Boissel, éleveur de lait dans le Calvados et responsable agricole au sein du mouvement Debout La France. En tout cas, explique-t-elle, il faut refuser de signer un contrat qui n’inclurait pas d’élément sur le prix du lait. Tout le problème, selon Anne Boissel, vient du fait que Bruno Le Maire, alors ministre de l’agriculture, avait incité à développer la contractualisation laitière avant même que les OP (Organisations de producteurs) ne soient structurées. Aujourd’hui, ces OP doivent véritablement se mettre en place et ne pas être liées chacune à une seule laiterie. La responsable agricole de debout La France est tout aussi remontée contre le commissaire à l’agriculture Phil Hogan. « Il faut le virer, dit-elle, lui qui répète qu’il n’y a pas de crise de l’élevage. ». Elle réclame de l’Europe la mise en place d’une véritable politique de régulation qui permette de maintenir, en France, au moins 50 000 éleveurs producteurs de lait. Son inquiétude majeure : « aujourd’hui, ce ne sont pas les plus petits qui mettent la clef sous la porte mais souvent les plus professionnels, ceux qui pouvaient réellement prétendre à un avenir. »
HP