Abonné

Ingrédients/Stratégie Nigay, PME en croissance inquiète des matières premières

- - 4 min

Nigay, spécialiste du caramel basé à Feurs (42) a su orchestrer une croissance soutenue mais s’inquiète des cours du sucre, très élevés, qui pèsent sur ses marges.

Nigay ouvre son capital cette semaine aux six représentants de la sixième génération (âgés de 13 à 20 ans). L’opération est symbolique, mais elle traduit bien l’esprit de cette PME familiale qui a su orchestrer une croissance très soutenue ces dernières années. « Les entreprises patrimoniales, on sent que c’est une valeur qui revient. En tout cas, nos clients l’apprécient », commente Yves Nigay, président du directoire et directeur technique (son frère Yves est directeur général et directeur commercial).

Une croissance très soutenue
De moins de 50 personnes en 2004, l’effectif est passé à 100 personnes (équivalent temps plein) cette année. Sur la même période, le chiffre d’affaires a augmenté d’environ 50 %. Il s’est établi à 32 M EUR en 2010, et 2011 est une année de croissance à deux chiffres. Depuis début 2010, un troisième atelier est opérationnel, fruit de 15 M EUR d’investissements sur cinq ans. « Nous produisons actuellement 35 000 t de caramel et nous pourrions aller jusqu’à 50 000 t avec nos installations. Ce troisième atelier nous permet de répondre à de gros marchés de boissons gazeuses, par exemple », explique Yves Nigay. La croissance a été réalisée en France, mais aussi à l’export, qui représente désormais plus de la moitié des ventes, en Europe, Afrique et Asie. « Nous commençons également à travailler avec les Etats-Unis », précise Yves Nigay.

Développer de nouveaux marchés avec les caramels de spécialité
Nigay (créée en 1855) était à l’origine une féculerie, à laquelle a été ajoutée une amidonnerie. L’entreprise s’est complètement réorientée vers la production de caramel dans les années 70 avec l’acquisition de Mombron et Bon. Elle s’est notamment développée grâce à la fourniture de caramel à l’industrie des produits laitiers. Depuis une dizaine d’années, outre les caramels aromatiques et les caramels colorant, elle développe des caramels de spécialité (au lait, au beurre, à la crème…). « Ce sont des caramels gourmands, à plus forte valeur ajoutée. Il s’agit d’une production beaucoup plus complexe et encore très artisanale car elle est difficile à industrialiser. D’ailleurs, on trouve de nombreux petits faiseurs sur ce marché, explique Yves Nigay. Avec cette gamme de produits, nous pouvons viser des clients nouveaux. En effet, on peut l’utiliser dans des glaces, des biscuits, ou encore de la confiserie, alors que nous travaillons traditionnellement beaucoup pour les industries de la boisson et des produits laitiers. »

L’explosion du prix du sucre pèse sur les marges
Une préoccupation majeure de Nigay est bien sûr la question des matières premières. La part du sucre et du glucose dans le prix de revient étant de l’ordre de 60 % à 70 %, même si cela varie selon les recettes, l’évolution du coût de ces ingrédients est crucial pour les résultats de l’entreprise. « On n’a jamais vécu cela. Le cours du sucre augmente sans cesse et le sirop de glucose suit, même si la hausse est moins forte et ce sont nos matières premières principales. Certains clients acceptent des hausses, mais d’autres, notamment ceux qui produisent des MDD, ne veulent pas en entendre parler, parce qu’ils subissent des pressions sur les prix très fortes, explique le dirigeant. De l’autre côté, l’industrie du sucre reste vraiment trop protégée. Nous espérons que la fin des quotas aboutira à un marché moins verrouillé. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.