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C’est le Wall Street Journal qui a lancé le pavé dans la mare, le 10 novembre. Selon le quotidien américain, plusieurs groupes japonais (dont Kirin et Suntory, le repreneur d’Orangina) auraient manifesté leur intérêt pour la branche eau de Danone (2,57 milliards d’euros de CA) et sa marque phare, Evian (environ 500 millions d’euros de CA). Une information qui a suscité beaucoup de commentaires de la part des analystes financiers,… mais aucun du groupe français qui s’est retranché derrière un prudent « no comment ». Ce qui se comprend. Une telle cession aurait beaucoup de répercussions en France sur le plan symbolique (l’origine de la marque prend « sa source » dans la ville d’Evian et remonte à 1789 !). Sans compter que Franck Riboud a fait ses classes chez Evian avant de prendre les rênes de Danone.
Pour un rachat en nutrition infantile, cela ferait sens
L’opération ferait sens pour les groupes japonais à la recherche de relais de croissance capables de dynamiser des ventes atones sur leur marché domestique. Et du point de vue de Danone ? Pour l’instant, les experts se livrent au petit jeu des pronostics en l’absence de données concrètes. Certes, l’hypothèse d’une cession totale ou partielle de cette branche d’activité qui représente près de 18% de ses ventes, ferait franchir au groupe de Franck Riboud une nouvelle étape vers une spécialisation sur les métiers de l’alimentation santé et de la nutrition, confortée récemment par l’acquisition de Numico. En outre le marché de l’eau, jadis marché de niche, à l’époque de feu Antoine Riboud, est devenu très compétitif à l’échelle mondiale (il est estimé à 2,58 milliards de dollars « worldwide ») et fait intervenir des poids lourds mondiaux (Nestlé, intérêt de PepsiCo….).
Une analyse des résultats financiers de Danone et de la contribution de sa branche eau plaide en outre pour un tel scénario. C’est dans ce secteur que Danone enregistre la croissance la plus faible (+ 1%) derrière les produits laitiers, et surtout la nutrition médicale et infantile. « La division « eau », affiche une rentabilité inférieure à la moyenne du groupe (12,5% attendu en 2010 contre 15,2% anticipée pour la société) », estiment par exemple les analystes d’Aurel BGC.
Hormis le financement d’une acquisition importante, comme celle de l’américain Mead Johnson Nutrition, dont l’hypothèse revient à la surface, beaucoup d’analystes financiers se déclarent néanmoins sceptiques sur la nécessité pour Danone de céder son pôle eau. Celui-ci est valorisé, selon le Wall Street Journal, à 7 milliards de dollars (soit 5,1 milliards d’euros). A quoi servirait une telle somme en cas de cession effective ? Soit à réduire substantiellement la dette de Danone qui s’élève à 6,7 milliards d’euros au premier semestre 2010, soit à faire des acquisitions sur des marchés en plus forte croissance et à marges élevées, répondent les analystes financiers. D’où l’option d’un rachat dans la nutrition médicale et enfantine, régulièrement évoqué.
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