Le dérèglement climatique est difficile à cerner et plus difficile encore à combattre au quotidien. Le Réseau action climat a publié, le 21 octobre, une étude montrant que ce que nous mangeons a un effet direct sur les émissions de GES. En 2030, notre régime alimentaire sera moins émetteur.
À quelques semaines de la COP21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre, le Réseau action climat (RAC) a publié une étude, le 21 octobre, intitulée « Pourquoi notre alimentation émet-elle des gaz à effet de serre ? ». Destinée au grand public, elle rappelle des fondamentaux sur le poids de notre alimentation dans le dérèglement climatique. L’agriculture n’est pas seule « fautive ». Les associations prennent en compte la fabrication d’emballage, la transformation, le transport, la commercialisation qui compte pour 20 % des émissions françaises agricoles et alimentaires de gaz à effet de serre. Par ailleurs, le déplacement des clients jusqu’au magasin compte pour 11 %, le traitement des déchets alimentaires pour 7 %, etc. Les émissions de GES liées aux importations de produits sont estimées à 57 millions de tonnes équivalentes CO2. Elles concernent en particulier les tourteaux pour les animaux et les engrais azotés. RAC en tient compte, mais ce n’est pas le cas dans les émissions de GES comptabilisées par les Nations unies (1).
Vers une alimentation moins émettrice
En 2007, le régime alimentaire moyen d’un Français émet 3,5 kgeqCO2/jour (kilo équivalent CO2). Le plus émetteur des mets reste le plat préparé carné avec une empreinte de 0,477 kgeqCO2 par jour. L’empreinte carbone de notre assiette a beaucoup changé en cinquante ans. « Si le régime alimentaire actuel semble assez stable, il est en fait très différent de celui… de nos grands-parents ! », selon les experts de l’Ademe (2). De fait, il y a cinquante ans, les Français consommaient beaucoup plus de pommes de terre (287 kg/personne/an en 1950 contre 152,2 en 2009) et moins de viande (44,4 kg/personne/an en 1950 contre 90,19 en 2009). Mais il est difficile d’estimer l’empreinte carbone d’une assiette type des années 1950 car les pratiques agricoles et agroalimentaires n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Par contre, « l’enjeu est de faire évoluer les habitudes alimentaires à moyen terme dans une direction plus durable », estime RAC. Ainsi les experts de l’Ademe et du Réseau action climat ont estimé l’empreinte carbone de l’assiette d’un Français vivant en 2030 : les émissions de GES de son régime alimentaire descendraient à 2,9 kgeqCO2/jour. Pour atteindre cet objectif de réduction des émissions par notre alimentation, le RAC préconise notamment une diminution de la consommation de viande et une systématisation de l’alimentation de saison. Mais cela passe, aussi et avant tout, par une diminution du gaspillage alimentaire. « Chaque tonne de nourriture gaspillée dans les pays développés émet en moyenne 4,3 tonnes de GES », rappelle le RAC.
(CR)
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(1) Lire, dans ce numéro, le point sur « Les émissions de GES assujetties à de nombreuses inconnues »
(2) Voir le rapport de l’Ademe intitulé « Alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030 »
Produire un kilo de viande bœuf émet 18kgeqCO2 contre 3kgeqCO2 pour un kilo de viande de porc, selon le Réseau action climat