Avec un peu de retard sur ses plans, Nossa Fruits a comme prévu levé un million d'euros, auprès d'investisseurs privés pour l’essentiel. Ces fonds serviront au financement d’une usine de congélation de la pulpe d’açaï au Brésil et à financer le besoin en fonds de roulement. La société met également en place une équipe de commerciaux.
En quête de financement depuis plusieurs mois, Nossa Fruit viens de boucler son plan de financement de 1 million d’euros pour passer à la vitesse supérieure (Agra Alimentation du 19 juillet 2018). "Tout ça nous a pris un peu de temps", explique Damien Binois, le fondateur et président du spécialiste des baies d’açaï. Pour schématiser, "nous sommes trop gros pour des business angels, trop petit pour des fonds d’investissement et pas assez "tech" pour des fonds de capital risque".
Ce dernier a donc levé ces fonds auprès de Capver, le fond de Luc-Pierre Verquin, l’ancien propriétaire de la confiserie Verquin (marque Tête brûlée) et Safin, le fonds de David Sartorius, ancien dirigeant de la Ferme d’Anchin (soupes premium) pour plus des deux tiers. Et le fonds d’investissement IRD Nord Création a mis 150 000 euros sur la table, de même qu’une dizaine d’investisseurs d’Investessor, le premier réseau de business angels en France, qui ont investi les 150 000 euros restants. Même s’il ne donne pas les pourcentages de détention, Damien Binois confirme qu’au final, "les fondateurs de Nossa Fruits conservent la majorité du capital".
La somme levée servira non seulement à construire une usine au Brésil, mais aussi au financement du besoin en fonds de roulement de la société, qui sont liés à la forte saisonnalité de l’açaï. Cette baie s’oxyde très vite et doit être transformée en pulpe puis congelée immédiatement après la cueillette, qui dure de septembre à décembre. Les stocks doivent donc couvrir les besoins de l’entreprise jusqu’en septembre prochain, date de la nouvelle récolte. L’usine qui permettra de congeler la pulpe sur place avant l’envoi par bateau en France pour la production, permettra une vraie traçabilité. Même si elle a pris un peu de retard, la société maintient son objectif d’une mise en service de l’usine pour la fin de l’année. Celle-ci aura une capacité de 2000 tonnes par an, "suffisante pour les deux prochaines années", estime le dirigeant.
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projets s’accompagnent également de la mise en place d’une filière de commerce équitable de l’açaï avec les cueilleurs au Brésil. À terme, Damien Binois projette aussi de développer d’autres filières de fruits, comme l’acérola ou la guarana ayant d’autres saisonnalités, afin d’assurer un revenu régulier aux producteurs et de diversifier la gamme des produits de Nossa. Faute de commerciaux en nombre suffisant l’an dernier, Nossa n’a pas atteint son objectif de chiffre d’affaires. Celui-ci n’a atteint que 1,2 million d’euros en 2018, contre 1,6 million budgété (et 740 000 euros en 2017). Pour l’année en cours, "nous avons les moyens de nos ambitions, et nous prévoyons un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros", indique Damien Binois, qui est actuellement en train de terminer la structuration commerciale de la société, notamment vers les grands comptes. La société a lancé pas mal de nouveautés l’an dernier, avec des fruits surgelés à mixer en vente en magasins bio et GMS et un nouveau format de jus (750 ml) dans les enseignes bio en complément des petits formats.
Perrine Delfortrie