La nouvelle mouture du Nutri-Score ferait passer le pruneau d’Agen de la note A à la note C. La filière prend acte et déplore la situation. Elle pourrait entraver son combat pour rajeunir sa clientèle.
La modification des règles de calcul du Nutri-Score, en durcissant la notation pour les produits à forte teneur en sucre, devrait dégrader la note du pruneau d’Agen de A à C (l’arrêté est toujours en attente). Et cela malgré la mobilisation de la filière. « Nous avons actionné tous nos relais parlementaires, et contacté Santé publique France comme le ministère de l’Agriculture, se souvient Gaétan Vergnes, secrétaire général du Bureau interprofessionnel du Pruneau (BIP). Si la rue de Varennes semblait plutôt ouverte, nous avons en revanche reçu une fin de non-recevoir de la part du ministère de la Santé ». Si la filière ne peut que prendre acte de la décision, elle la déplore malgré tout. « Nous sommes pénalisés par le nouvel algorithme qui vise la présence forte de sucre. Mais celui du pruneau d’Agen n’est pas ajouté, il est naturellement présent dans le fruit. La phase de séchage le concentre tout comme les vitamines du fruit, plaide Gaétan Vergnes. Mais ces arguments n’ont pas satisfait ».
Plus de pédagogie vers le consommateur
Désormais, les professionnels attendent la publication de l’arrêté qui prévoirait un délai de deux ans afin que les transformateurs puissent écouler les emballages estampillés « A », selon le BIP. L’interprofession croit aussi savoir que le ministère de la Santé devrait mener une campagne de sensibilisation et d’explication du nouveau Nutriscore. « Il faudra surveiller par la suite comment les industriels se positionneront vis-à-vis du Nutriscore, explique Gaétan Vergnes. Quitteront-ils le dispositif, alors qu’au niveau européen, on parle de le rendre obligatoire ? »
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Quel pourrait être l’impact de cette « dégradation » ? Pour le secrétaire général du BIP, il y a peu de risque de voir un écroulement du marché : « 80 % des consommateurs de pruneau d’Agen ont plus de cinquante ans : ils connaissent bien le produit et depuis longtemps, explique Gaëtan Vergnes. Notre inquiétude porte plutôt sur le consommateur moins fidèle ou qui découvrirait le produit, en d’autres termes les consommateurs plus jeunes. Or, le rajeunissement de la consommation, objet de la campagne de communication que nous allons lancer, est un enjeu d’avenir pour la filière. En 2025, il est évident que l’effort sera porté sur plus de pédagogie et mettre en avant les autres bonnes choses dans notre pruneau ». La filière entend donc faire d’une contrainte une opportunité. D’autant plus que la campagne 2023-2024, après deux années marquées par le gel, offre un potentiel de 40 000 tonnes de pruneaux, avec un bon profil organoleptique mais beaucoup de petits calibres.