Le Premier ministre a annoncé l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes à la sortie du Conseil des ministres, le 17 janvier. Les agriculteurs expropriés, a-t-il précisé, pourront retrouver leurs terres « s’ils le souhaitent. »
Il a affirmé que « les conditions » de mise en œuvre « ne sont pas réunies ». Il a poursuivi : « Conformément à la loi, les agriculteurs expropriés pourront retrouver leurs terres s’ils le souhaitent. Les occupants illégaux de ces terres devront partir d’eux-mêmes d’ici le printemps prochain ou en seront expulsés ». Ainsi, le Premier ministre a affirmé que « contrairement à ce que propose le rapport, les terres ne seront pas conservées pour réaliser ultérieurement le projet ». Le rapport dont il est question est celui qui lui a été remis le 13 décembre. Il estimait aussi que les terres de la Zone d’aménagement différé rebaptisée Zone à défendre par les opposants au projet à Notre-Dame-des-Landes représentent près de 1 000 hectares (1). Par ailleurs, dans l’option choisie par le gouvernement, seuls 30 hectares de foncier seront consommés pour agrandir l’aéroport existant.
Le devenir des terres
Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a proposé sur Sud radio le 18 janvier d’assigner ces terres à la production de produits bio ou sous signes de qualité pour alimenter la restauration collective régionale. Les occupants de la Zad se disent « prêts à négocier » avec l’État sur le futur projet de territoire agricole, mais ont répondu à l’ultimatum d’Édouard Philippe, qui a donné jusqu’au 30 mars pour évacuer les lieux, par un « refus de toute expulsion ». Les négociations ont déjà commencé, en se basant sur un document en six points signé par 22 organisations qui appellent à un rassemblement « le 10 février » dans le bocage.
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(1) Lire dans Agra Presse du 17 décembre, l’article : « Notre-Dame-des-Landes : construire un projet agricole innovant plutôt qu’un aéroport »
Sans surprise, des réactions vives et divisées
Suite à l’annonce du Premier ministre d’abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les réactions ont été vives et divisées. La Confédération paysanne a réagi dans un communiqué en qualifiant l’abandon du projet d’aéroport de « grande victoire pour l’avenir des terres agricoles ». La Ligue pour les oiseaux a pris acte « avec satisfaction de la décision du gouvernement ». Chez les pro-aéroports, les réactions sont vives. Le Syndicat mixte aéroportuaire qualifie la décision du gouvernement de « coup de poignard ».