L’avenir dira si les réflexions issues du second forum « Agriculture et société », organisé par la profession agricole les 14 et 15 avril à Brest (Finistère) devant 600 personnes, sont partagées par tous. Ce colloque, destiné à rapprocher les professionnels de la terre et les simples usagers de l’espace rural, s’est d’abord projeté à l’horizon 2050. L’agriculture mondiale devra être capable de nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires sur la planète, et de fournir l’énergie issue de la photosynthèse pour pallier la raréfaction de l’énergie fossile, le pétrole. Bruno Parmentier, directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers, a estimé la France tout-à-fait capable d’y parvenir.
«Il y a 50 ans, les 8 millions d’agriculteurs n’étaient pas fichus de nourrir 40 millions de Français. Aujourd’hui, ils sont moins de 800 000 et nourrissent 65 millions de Français et les Européens », a expliqué Bruno Parmentier. Toutefois, a-t-il souligné, ils devront trouver d’autres énergies que le seul pétrole, qui pourrait manquer d’ici à 2050, au vu de la croissance de la Chine et de l’Inde. Aussi, l’idée d’un pétrole vert issu du lisier de porc, émise par le représentant en Europe du géant américain Smithfield Food, Jean Quentin, président du groupe Jean Caby, a-t-elle été écoutée avec attention.
Trouver de l’énergie
C’est, depuis un an, une réalité aux Etats-Unis où le groupe a validé un procédé de fabrication d’un biodiesel résultant du mélange du méthane du lisier de porcs avec des graisses d’origine animale ou végétale. Mais la faisabilité d’un tel projet nécessite une collecte extrêmement rationalisée.
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Bien d’autres sujets ont été abordés durant ce forum. Le risque de perte d’indépendance alimentaire de la France induit par « le monde des marchands à la recherche de profits (peut conduire) à la délocalisation des productions […] alors que l’agriculture a besoin de capitaux et d’engagement durable », a rappelé Jean le Vourc’h, président de la coopérative Even.
D’autres intervenants ont souligné l’urgence de trouver des règles de partage de l’espace rural entre usages productifs et récréatifs, et de redonner du sens aux métiers de l’agriculture pour « ne pas décourager les jeunes. Ne dites plus que ce métier est difficile, même si c’est vrai, dites plutôt que c’est merveilleux de dominer la nature », a plaidé Bruno Parmentier.