Interrogé par la presse sur une éventuelle responsabilité de la Commission européenne, voire de son président, José Manuel Barroso, dans le « non » irlandais du 12 juin au Traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a estimé devant la presse, le 20 juin, que « le débat irlandais a porté sur l’avortement, sur l’euthanasie, sur un commissaire européen ou pas, sur la fiscalité, sur l’OMC, sur l’agriculture » et qu’ « on ne peut pas ramener cela à M. Barroso ».
« Non, choisissez un autre, mieux, Mandelson, par exemple », a poursuivi le chef de l’Etat français. « Non, mais enfin, franchement, vous êtes des spécialistes, vous avez suivi le débat irlandais, la question de l’OMC a été une question clairement évoquée dans le débat irlandais, de la façon la plus claire, c’est une réalité. D’ailleurs, je dois dire sur cette question-là, qu’il serait totalement invraisemblable qu’on continue à vouloir négocier un accord où nous n’avons rien obtenu sur les services, rien sur l’industrie, tout le monde est absolument d’accord, et qui conduirait à baisser de 20% la production agricole dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim ».
« Pour nous, c’est non »
« Il y a un enfant toutes les 30 secondes qui meurt parce qu’il a faim et on irait négocier dans le cadre de l’OMC une réduction de la production agricole européenne de 20%, a insisté M. Sarkozy. Franchement, il y a une personne qui est de cet avis, c’est M. Mandelson, et ce n’est pas la position de la France. Je le dis de la façon la plus claire que sur ces bases là pour nous, c’est non. Si on veut accroître la crise irlandaise, il n’y a qu’à bien en remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord totalement déséquilibré à l’OMC. Cela est vraiment contre-productif ».
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MM. Mandelson et Barroso répliquent à M. Sarkozy
« Il faut noter que le président Sarkozy a été invité à pointer du doigt le président de la Commission et qu'il a, avec tact et diplomatie, choisi de me pointer du doigt à sa place », a répliqué Peter Mandelson lors d’une interview à la radio, ajoutant : « Mes épaules sont suffisamment larges et mon cuir suffisamment épais pour supporter cela ». Dans les négociations de l’OMC, « la France a une position nationale particulière dont je dois tenir compte mais qui ne doit pas dicter ma conduite », a-t-il dit.
M. Barroso a également pris, le 20 juin, la défense de son commissaire au commerce. « Peter Mandelson a une grande compétence et un engagement fort. Il fait vraiment du bon boulot et je souhaite qu'il reçoive tout le soutien dont il a besoin », a déclaré le président de la Commission, ajoutant: « Il fait probablement le boulot le plus difficile (au sein de l’exécutif européen) après celui de président ».