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Cédric Fontaine, directeur d’investissements d’IDIA Capital Investissement « Nous restons l’un des tout premiers investisseurs financiers de la filière vin »

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Selon Cédric Fontaine, le Crédit agricole se positionne comme le premier financeur de la filière viti-vinicole, et un partenaire de premier plan notamment au travers des investissements minoritaires gérés par sa filiale, IDIA Capital Investissement (IDIA CI), pour le compte du groupe Crédit agricole.

L’annonce de la cession de deux domaines (*)  a pu laisser penser que le Crédit agricole voulait se désengager du secteur viti-vinicole. Qu’en est-il ?

La stratégie du groupe Crédit agricole dans le domaine viticole est atypique : il est à la fois le premier financeur de la filière en France, un propriétaire exploitant de plusieurs vignobles à Bordeaux et en Bourgogne, et il est actionnaire minoritaire au capital d’entreprises du secteur. IDIA Capital Investissement, filiale de Crédit agricole SA, regroupe les activités de capital accompagnement minoritaire actif de Crédit agricole SA en accompagnement des ETI et PME de tous secteurs d’activité avec une expertise reconnue dans les filières agroalimentaire et viticole, santé, tourisme et transition énergétique.
Avec plus de 300 M€ investis dans ce secteur, nous restons l’un des tout premiers investisseurs financiers de la filière, et nous comptons poursuivre nos actions en ce sens. Comme le groupe l’a annoncé, un processus est effectivement en cours pour céder deux propriétés situées à Bordeaux. Les cessions engagées ont pour objectif de conforter la position de leader du groupe dans la filière et son engagement auprès de ses acteurs.
En effet, Christophe Blanchy, en charge des activités de capital investissement pour Crédit agricole SA, a rappelé que les fonds issus de la vente de ces deux propriétés viticoles seront directement réinvestis en accompagnement minoritaire (capital transmission ou capital développement) de clients du groupe Crédit agricole. Un programme d’investissement est également engagé sur les propriétés détenues majoritairement, afin d’améliorer les outils de production et développer une offre œnotouristique.

IDIA CI intervient essentiellement en tant qu’actionnaire minoritaire. Comment vos deux stratégies d’investissement, majoritaire et minoritaire, s’articulent-elles ?

Depuis plus de 15 ans, IDIA Capital Investissement gère les investissements du groupe Crédit agricole dans les propriétés viticoles et les participations dans la filière viti-vinicole actuellement détenues par CA Grands crus et Grands crus Investissements. Au cours des dernières années, un travail important de rationalisation du portefeuille de propriétés a été organisé. Notre stratégie d’investissement a été réorientée afin de l’aligner sur le projet « client » du groupe : tout en conservant quelques propriétés rentables, les nouveaux investissements ont porté sur l’accompagnement, en tant qu’actionnaire minoritaire, d’entreprises de la filière viti-vinicole, clientes des réseaux du groupe, présentant un potentiel de développement important, souvent leaders dans leur domaine, et disposant d’un management de qualité. Nous confirmons ainsi notre volonté d’avoir un rôle d’investisseur minoritaire actif auprès des entreprises de la filière viti-vinicole avec une vitrine patrimoniale rentable. Par ailleurs, IDIA CI reste très présent dans la filière agro-agri avec plus de 1 milliard d’euros investis. IDIA CI accompagne en capital investissement minoritaire actif, sur fonds propres, les entrepreneurs, pour des durées moyennes de sept à dix ans. Nos encours sous gestion totaux s’élèvent à 1,5 Mrd€.

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En tant qu’acteur investi, quel est votre sentiment sur les évolutions possibles de ce secteur ?

La France manque d’acteurs forts, que ce soit dans le secteur privé ou coopératif. Pour moi, mais cette approche reste très personnelle, le développement de la filière ne se fera pas sur une vision de « haute couture » mais davantage sur celle du « prêt à porter ». Je m’explique : les grands vins attirent toujours et restent un patrimoine fort et l’expression de nos savoir-faire en France dans ce secteur et nous pouvons en être fiers !
Dans les tendances de consommation, on note aujourd’hui la recherche de vins accessibles, de plaisir et plus respectueux du consommateur et de la terre. C’est toute la richesse de nos territoires et la diversité des savoir-faire qui devront être mis en avant, soutenus par l’ensemble des acteurs de la filière.

nan (Médoc) et Château La Tour de Mons (Margaux) dans le bordelais