Abonné

Sylvain Zaffaroni, co-fondateur de Pour nourrir demain « Nous sommes des influenceurs pour une meilleure alimentation »

- - 4 min

Loin des codes habituels du secteur agroalimentaire, deux influenceurs viennent de lancer la communauté Pour nourrir demain, qui vise à faire évoluer l’industrie vers une « meilleure alimentation ». Un de ses fondateurs, Sylvain Zaffaroni, nous explique comment, venus de la communication, ils se sont tournés vers l’alimentation.

Qu’est-ce que la communauté Pour nourrir demain ?

Nous fédérons des industries agroalimentaires. La Communauté Pour nourrir demain, ce sont vingt entreprises agroalimentaires qui participent à dix journées thématiques comme les emballages, les labels, les nouveaux modèles d’innovation, la distribution, etc. La plupart de nos membres sont dirigeants ou membre du comité de direction et en mesure de prendre des décisions. Ils viennent pour être influencés. L’idée est de faire éclore une graine lors de ces sessions pour les faire pousser ensuite en entreprise avec l’objectif de faire un bilan au bout d’un an pour voir ce qui s’est réellement passé. Si aucune graine n’a poussé alors la communauté n’aura plus lieu d’être.

Quel a été votre parcours avant de fonder la communauté Pour nourrir demain ?

Nous sommes deux individus qui ont envie de changer l’alimentation française. Marion Mashhady et moi-même voyagions beaucoup et nous découvrions de nombreux produits alimentaires que l’on ne voyait pas en France. Dans un premier temps, nous avons créé en 2015 un blog pour mettre en avant ces innovations alimentaires d’un point de vue marketing. Puis nous avons commencé à donner notre point de vue sur notre blog qui compte 17 000 abonnés en BtoB dans l’agroalimentaire. À l’origine, nous sommes des communicants sans lien avec le monde agricole et agroalimentaire. Aujourd’hui, nous sommes des influenceurs pour une meilleure alimentation.

Venus du milieu de la communication, quelle image aviez-vous du secteur agroalimentaire ?

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

industrie
Suivi
Suivre

Marion était une jeune maman de moins de trente ans, consommatrice militante de produits locaux, bio, etc. et persuadée que l’alimentation allait changer dans les années à venir. Moi je voyais les industries agroalimentaires complètement perdues, arc-boutées sur leurs certitudes et la conviction que le monde ne changerait pas. À l’inverse, nous pensions que ce secteur aussi allait être ubérisé. Que des start-up allaient prendre de larges parts de marché. Que les consommateurs s’interrogeaient sur leur alimentation. Tout ce que nous entrapercevions à l’époque, s’est réalisé aujourd’hui !

Et aujourd’hui, comment le voyez-vous ?

Aujourd’hui encore, un tiers des entreprises agroalimentaires ne font rien. Elles pensent que le monde reviendra à ces vieilles habitudes. Nous pensons qu’à terme elles n’existeront plus ou seront l’ombre d’elles-mêmes. Un autre tiers est en léger mouvement mais communiquent plus qu’elles n’agissent. Ce n’est pas elles qui changeront le monde. Un dernier tiers composé de start-up, de PME mais aussi de grands groupes sont réellement en mouvement. Au-delà d’une logique de rentabilité, ils réfléchissent pour changer les choses dans la durée. L’arrivée de nouveaux dirigeants est souvent décisive. Ces industries tirent l’alimentation vers le haut. C’est avec elles que nous travaillons.

Que leur apportez-vous ?

Nous sommes uniques sur le marché français. Nous sommes de vrais influenceurs, engagés mais pas des militants qui seraient contre l’industrie agroalimentaire. Nous disons ce que nous pensons à notre communauté Pour nourrir demain avec laquelle nous avons noué une relation de franchise. D’habitude, les industriels font face à des gens qui sont, soit contre eux, soit qui sont très consensuels. Nous n’avons pas la vocation d’un cabinet de consulting à mettre en place des stratégies qui ne fonctionneront jamais. Nous essayons de transformer les grands industriels, de l’intérieur et par petits pas, car nous pensons que l’alimentation positive viendra d’eux. Les volumes peuvent changer les choses même s’il est très difficile de les mettre en mouvement.