A croire qu’un vent nouveau souffle sur le devenir de l’agroalimentaire... D’une part, à Bruxelles, la page Fischer Boel est bien tournée et le futur commissaire Ciolos semble aux antipodes quand il promet de se battre pour un budget « à la hauteur d’une PAC digne de ce nom » et pour la mise en place d’une nouvelle régulation des marchés agricoles.
La conviction est forte et peut flatter les oreilles françaises, mais elle ne doit pas entretenir trop d’illusions : si le Roumain entr’ouvre la porte à un prix du lait minimum au niveau national, il a déjà relégué tout retour aux quotas laitiers qui, à ses yeux, peuvent réguler l’offre mais sûrement pas agir sur la demande.
Faisant aussi ses premiers pas de présidente en exercice du Conseil agricole européen, la ministre espagnole de l’agriculture alimente également beaucoup d’espoirs en disant vouloir stimuler les débats sur l’avenir de la PAC et la compétitivité du secteur agroalimentaire ; qualifié de « stratégique pour l’Europe », ce secteur devra renforcer, selon Elena Espinoza, sa présence sur le marché mondial et donc exiger de ses partenaires extérieurs le respect de nos normes de qualité et de sécurité.
A Paris, l’heure est aussi aux déclarations d’intention : elles abondent à chaque chapitre du projet de loi de modernisation que Bruno Le Maire vient de faire adopter par le gouvernement. Sa principale vertu est ainsi un affichage insistant – et nouveau – sur la naissance d’une grande politique publique de l’alimentation. Le programme qui s’en suivra commence par la convocation, sous un curieux vocable, d’«Etats généraux du sanitaire », mais il va, sur des sujets plus larges, s’articuler aussi avec le renforcement récent du CNA et avec la création promise d’un « grand conseil de l’agroalimentaire »… de peur que ce bel élan ne retombe.

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