Un chapitre nouveau pour l’agriculture européenne a débuté le 20 novembre. En présentant officiellement sa feuille de route pour le « Bilan de santé de la Pac », Mariann Fischer Boel a, en fait, ouvert un nouveau cycle de négociations qui déboucheront sur une réforme annoncée en principe fin 2008.
On connaît les grands traits des objectifs de la Commission : quotas laitiers vidés progressivement de leur effet, intervention limitée au blé tendre, jachère rayée de la carte, amplification de la conditionnalité des aides, plafonnement, modulation, accent mis sur les aides au développement rural… En clair, on fait confiance au marché pour réguler les équilibres économiques La puissance publique européenne n’estime plus devoir soutenir ou réguler la production. La politique agricole se mue à petit pas en une politique environnementale. A priori, un tel changement peut s’expliquer : la société le veut ainsi, le risque écologique s’est aggravé et il y a indéniablement des correctifs à apporter au mode d’agriculture pratiqué jusque-là.
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Convaincus que la Commission fait fausse route, persuadés qu’il faut garder des outils de régulation des marchés les agriculteurs français devront batailler ferme pour imposer tout ou partie de leur point de vue. D’autant qu’une bonne part des agriculteurs d’autres pays membres – ceux du Nord de l’UE surtout – partagent les conceptions de Mariann Fischer Boel. Les Français devront plus que jamais arpenter le Vieux continent pour convaincre nos voisins du bien-fondé de leurs positions. Dès le 22 novembre, le président de la FNSEA devait rencontrer ses collègues du Copa pour plancher sur le document de la Commission. C’est une véritable croisade qu’il faudrait initier pour avoir plus de succès que lors des précédentes réformes de la Pac.