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Nouveau guide pour les restrictions d’eau préfectorales

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Le ministre de la Transition écologique et la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie Bérangère Couillard ont dévoilé les grandes lignes de leur guide sécheresse révisé. En matière agricole, il recommande notamment de donner de la visibilité sur les volumes/débits minimaux autorisés.

À l’issue d’un comité d’anticipation et de suivi hydrologique (Cash) le 17 mai, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, et Bérangère Couillard, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, ont présenté le guide sécheresse révisé en 2023, qui précise notamment les modalités de concertation et de gouvernance au niveau local en matière de gestion de la sécheresse, les conditions de déclenchement des mesures de restriction ainsi que le contenu des mesures minimales à prendre en fonction du niveau de restriction : « vigilance », « alerte », « alerte renforcée » et « crise ».

« Il s’agit d’un socle commun, qui peut ensuite être adapté par les préfets en fonction de la réalité locale », a expliqué Christophe Béchu. Pour rappel, une première version du guide sécheresse avait été publiée en 2021, dans le prolongement du décret du 23 juin 2021, donnant un nouveau cadre au dispositif de gestion de la sécheresse en France, notamment pour l’anticipation et l’harmonisation des mesures de restriction des usages de l’eau.

Restrictions pour l’usage agricole

Concernant les « mesures générales de restrictions applicables à l’usage agricole », le guide recommande « autant que possible de donner de la visibilité sur les volumes/débits minimaux qui pourraient être maintenus ». Il précise par ailleurs que les services doivent veiller à ce que les abreuvements d’animaux soient assurés.

Il rappelle aussi qu’au niveau « alerte », « l’irrigation par aspersion est interdite entre 11h et 18h », au niveau « alerte renforcée » elle est interdite entre 9h et 20h, et au niveau « crise » interdite. « Ces plages horaires visent une réduction minimale de 15% à 30 % des volumes dont le prélèvement est autorisé en période d’alerte et 50 % en période d’alerte renforcée », précise le guide. Du côté de l’irrigation « localisée et économe en eau, elle est autorisée aux niveaux alerte et alerte renforcée et interdite au niveau crise ».

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Les prélèvements dans les réserves de stockage déconnectées de la ressource en eau en période d’étiage bénéficieront quant à eux d’une gestion différenciée, selon l’arrêté cadre les concernant, rapporte le guide.

Des nappes sous les normales

Avec 68 % des niveaux des nappes sous les normales mensuelles en avril (75 % en mars 2023), la situation demeure « peu satisfaisante » dans une grande partie du pays au 1er mai, a rappelé Christophe Béchu citant les dernières informations données par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans un communiqué de presse le 17 mai.

Ainsi, « la situation en début de printemps est plus déficitaire que l’année dernière », où seulement 58 % des nappes étaient sous les normales en avril. « Le Sud-Est, le couloir rhodanien et le bassin parisien présentent déjà un niveau aggravé par rapport au relevé précédent », s’est inquiété Christophe Béchu. « Durant l’automne et l’hiver, les pluies ont été peu efficaces pour la recharge des nappes », a précisé le BRGM. « En mars et en avril 2023, le cumul des précipitations a été excédentaire sur une grande partie du territoire », ajoute-t-il avant de préciser que l’effet bénéfique sur les tendances est « hétérogène », selon le cumul et la réactivité de la nappe.

Si la situation s’est « améliorée considérablement sur les nappes du Massif armoricain, du littoral de la Manche et du Grand-Est, « les pluies ont eu peu d’effet sur les tendances et l’état des nappes » dans le reste du territoire, souligne le BRGM. En l’absence de précipitations suffisantes, la vidange devrait se généraliser à l’ensemble des nappes courant mai. D’ores et déjà, cinq départements ont pris des arrêtés de « crise ». Ils concernent la quasi-totalité des Pyrénées-Orientales et quelques bassins du Var, du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Loiret.

En avril, 68 % des nappes sont sous les normales mensuelles