France Carbon Agri, devenue SAS, va ouvrir son troisième appel à projets sans plafond de crédits pour répondre à de nouvelles demandes réglementaires : celles des compagnies aériennes, mais également des centrales à charbon.
Avec le lancement du troisième appel à projets de la SAS France Carbon Agri (FCAA), « nous passons à la vitesse supérieure », s’est réjouie Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à l’occasion d’une conférence de presse au Space à Rennes. Car ce troisième appel à projets, précise Samuel Vandaele, nouveau président de FCAA, sera non seulement ouvert aux filières céréalières qui disposent désormais de leur méthode, mais il sera également « sans plafond ». « Nous déposerons les projets par palier de 1 000 agriculteurs », précise l’ancien président des Jeunes Agriculteurs.
Les deux premiers appels à projets, rappelle-t-il, avaient rassemblé respectivement 300 et 900 éleveurs. Volume total de crédits : 738 000 t, dont un tiers environ serait déjà vendu. Pour ce troisième appel à projets, le prix minimum côté acheteur atteindra 40 €/t. FCAA compte sur l’intérêt des grandes entreprises, comme LVMH ou la Caisse des dépôts qui ont déjà acquis des crédits, mais également sur les énergéticiens et les compagnies aériennes.
Pour l’heure, le plus gros volume d’achat par un même client s’élèverait à 55 000 t. Mais en application de la loi d’urgence d’août 2022, les centrales à charbon devront trouver 4,5 Mt de carbone français pour leur compensation entre 2022 et 2023. Et les compagnies aériennes devront également acheter dès 2022 au moins 1,5 Mt de crédits européens par an en application de la loi Climat. FCAA et la FNSEA auraient déjà sollicité un rendez-vous auprès de l’Élysée pour envisager la façon dont les crédits agricoles français pourront répondre à ces nouveaux besoins. Des rencontres sont aussi prévues avec Air France.
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Suivre l’évolution du prix des crédits
Le développement de l’offre en réponse à la compensation réglementaire s’accompagnera également d’une structuration de la SAS. « Nous voulons développer des structures régionales qui pourront à la fois rassembler les porteurs de projets, mais également devenir des apporteurs d’affaires », détaille Samuel Vandaele. Car des entreprises de plus petite taille s’intéressent, elles aussi, au carbone, et sollicitent des associations locales créées par les FDSEA, comme Alli’Homme en Bretagne, Solenat en Pays-de-Loire, ou encore Symbiose en Normandie.
Le carbone n’est cependant pas encore un eldorado financier, rappelle Jean-Baptiste Dollé, chef de service environnement à l’institut de l’élevage. « Selon les projets, les producteurs touchent actuellement entre 5 000 et 20 000 € répartis sur cinq ans », estime-t-il. L’inconnue du marché, rappelle Jean-Baptiste Dollé, demeure l’évolution du prix du crédit, qui pourrait changer la donne en cas de hausse. Autre indicateur à suivre : l’offre du secteur forestier, dont les crédits carbone intéressent tout autant les entreprises.