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Commerce agroalimentaire Nouveau record des échanges agroalimentaires de l’UE en 2017

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À l’exception de l’année 2009, les exportations agroalimentaires et les importations de l’UE n’ont cessé d’augmenter et les données pour 2017 montrent une reprise de la croissance, tant à l’importation qu’à l’exportation. C’est ce qu’affirme la Commission européenne dans un rapport d’analyse qu’elle vient de publier sur les échanges agroalimentaires de l’UE avec le reste du monde en 2017

L’année 2017 a connu un nouveau record pour le commerce agroalimentaire de l’UE qui a atteint une valeur de 255 milliards d’euros, soit 138 milliards d’exportations et 117 milliards d’importations, selon le rapport (Monitoring Agri-trade Policy, MAP 2018-1) que vient de publier la Commission européenne. Les auteurs du document notent que le taux de croissance annuel des exportations, qui avait chuté à un taux relativement modéré de 1,6 % en 2016, augmente de nouveau pour s’établir à 5,1 % en 2017. Le taux de croissance des importations, qui avait diminué en 2016 pour la première fois depuis 2009, s’est amélioré quant à lui à 4,5 % en 2017. Environ la moitié des exportations européennes sont des produits agricoles destinés à l’alimentation humaine et animale (produits de base, autres produits primaires et produits agricoles transformés). Environ un tiers des exportations est formé par des préparations alimentaires et des boissons. C’est notamment la part des produits finaux (produits transformés et préparations alimentaires) dans les exportations qui a progressivement augmenté au cours des dix dernières années pour atteindre jusqu’à 41,3 % en 2017.

Les importations de l’UE, en revanche, ont été clairement dominées par les produits agricoles destinés à l’alimentation humaine et animale (environ 80 % de l’ensemble des importations), tandis que les produits alimentaires, les préparations et les boissons ont représenté 9 % et les produits non comestibles (environ 10 %). 2017 est la 8e année consécutive d’excédent commercial agroalimentaire, excédent qui a atteint 20,5 milliards d’euros, soit une croissance de 9 % par rapport à l’année 2016. Actuellement, les cinq premières destinations pour l’agroalimentaire de l’UE sont les États-Unis, la Chine, la Suisse, la Russie et le Japon. Ces cinq marchés représentent 40 % des exportations de l’UE. En 2017, les ventes à destination de ces cinq pays ont encore augmenté de 7,2 %, ce qui a stimulé les exportations globales de l’UE et même compensé les pertes vers d’autres destinations, en particulier au Moyen-Orient (Égypte, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) et en Afrique du Nord (Maroc, Algérie). Les États-Unis sont de loin le partenaire commercial le plus important de l’UE, absorbant 16 % des exportations totales et toujours en croissance. En 2017, les ventes aux États-Unis ont encore augmenté de 5,9 %, juste au-dessus de la croissance des exportations vers la Chine (+5,2 %) et de la Suisse (+4,2 %). La Chine absorbe aujourd’hui 8,7 % des exportations de produits agroalimentaires de l’UE, soit un peu plus de la moitié de la part américaine. Les exportations vers la Chine ont connu une croissance spectaculaire depuis 2007, faisant de la Chine la deuxième destination des exportations de l’UE depuis 2015. Les exportations de l’UE vers l’Égypte en 2017 ont diminué de 25 % pour revenir au niveau de 2010, la deuxième baisse significative d’affilée. L’Arabie saoudite suit un schéma similaire, bien qu’un peu moins important (-11,6 %). Après une hausse en 2016, les exportations de l’UE au Vietnam ont diminué d’environ 18,2 % pour revenir au niveau de 2015. Ces diminutions étaient fortement liées à la baisse des exportations de blé de l’UE (en particulier pour l’Égypte et le Vietnam). Fait remarquable : les exportations de l’UE vers la Russie ont augmenté de 15,9 % (+0,9 milliard d’euros) après avoir fortement baissé depuis 2013 en raison de l’embargo russe à l’importation d’un large éventail de produits agroalimentaires. De ce fait, la Russie a regagné la quatrième place en tant que destination des exportations de l’UE (4,7 % des exportations de l’UE). Un progrès dû à une augmentation des exportations de produits agroalimentaires de l’UE qui ne sont pas visés par l’embargo.

117 milliards d’euros d’importations en 2017

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Côté approvisionnement, l’UE fait ses courses principalement au Brésil, aux États-Unis, en Argentine, en Ukraine et en Chine. Les deux principaux fournisseurs de l’UE, en valeur, sont le Brésil (11,8 milliards d’euros) et les États-Unis (10,9 milliards d’euros), qui ont connu en 2017 une légère baisse aussi bien en valeur qu’en parts de marché. Avec des importations globales en hausse (117 milliards d’euros en 2017) mais des parts décroissantes pour les deux principales origines d’importation et des parts relativement stables pour les autres principaux fournisseurs – à l’exception de l’Ukraine en 2017 –, le tableau d’ensemble semble indiquer que l’UE a été en mesure de diversifier ses sources d’approvisionnement pour les importations agroalimentaires au cours des deux dernières années.

Vins et spiritueux dominent le panier des exportations

L’UE exporte essentiellement des vins et des spiritueux (respectivement 9 % et 8 % du total des exportations agroalimentaires de l’UE) qui sont suivis par les aliments pour nourrissons et diverses préparations alimentaires. Le chocolat et la viande de porc complètent le panier des exportations avec plus de 5 milliards d’euros d’exportations (4 % de la valeur totale des exportations). En 2017, les exportations de vin ont augmenté de +11,7 % et les aliments pour nourrissons de +10,8 %, soit bien au-dessus de la hausse moyenne des exportations agroalimentaires (+5,1 %). Par rapport à l’année 2016, il y a eu un changement remarquable parmi les principales catégories de produits d’exportation : la valeur des exportations de blé est passée de la cinquième à la onzième place (-27,5 %) en raison de la baisse de la production de l’UE. Dans les trois principales catégories de produits exportés par l’UE (vin, spiritueux et aliments pour nourrissons), les cinq premières destinations évoquées ci-dessus absorbent plus de 50 % des exportations de l’UE. De plus, dans chacun des trois groupes, un seul partenaire domine clairement : les États-Unis pour ce qui concerne les vins et spiritueux et la Chine pour l’alimentation infantile. Pour le chocolat et les autres préparations alimentaires, la concentration sur les principales destinations d’exportation est moins prononcée (les 5 premières absorbant 40 % ou moins des exportations totales) et les exportations sont plus uniformément réparties entre les principaux partenaires commerciaux. La concentration des exportations de viande porcine est particulièrement élevée avec 75 % vers les 5 principales destinations en 2017. Les deux principales destinations – la Chine et le Japon – absorbent 49 % de toutes les exportations de viande porcine de l’UE, chacune d’entre elles environ 25 %.