Avec une progression de 6,7 % des volumes vendus en GMS (+9,7 % en valeur), le foie gras a battu des records en 2005. L’excédent du commerce extérieur a dégagé un solde de 29 millions d’euros.
Le foie gras a confirmé pour la troisième année consécutive son rôle prépondérant dans les segments festifs dynamiques lors de la dernière saison. Dans un contexte alimentaire morose, la consommation française a connu un nouveau record en 2005 avec un total de 19 000 tonnes, soit une progression de 2,7 % sur 2004 et les achats des ménages en GMS ont totalisé 6 920 tonnes, contre 6 436 tonnes en 2004, a annoncé le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Des chiffres qui démontrent que la psychose liée à la grippe aviaire n’a eu aucune incidence sur les achats de foie gras au moment des fêtes. A la différence de la consommation de volailles, celle de foie gras n’a pas été touchée parce que « c’est le dernier produit auquel pense le consommateur quand on lui parle de grippe aviaire», a noté le nouveau président du Cifog.
Hausse du mix produit
Au contraire, s’est félicité Jean Schwebel, les ventes en grandes surfaces (hors hard discount) ont progressé de 6,7 % en volume et de 9,7 % en valeur. Ce résultat est sensiblement plus positif qu’en 2004 où les volumes s’étaient seulement maintenu en GMS (+0,3 %) pour une valeur en hausse déjà de 4,9 %.
L’évolution du mix produit a encore été positive en 2005, avec principalement une progression plus marquée des produits les plus hauts de gamme par rapport aux marques de distributeurs qui plafonnent à 35 % de part de marché tandis que le hard discount a un peu régressé pour s’établir autour de 10 %.
L’engouement des Français se manifeste principalement pour les foies gras entiers, prêts à consommer, avec un bond de 12 % des quantités achetées, ainsi que pour les foies gras en conserve (+10,6 % après un recul de 2,2 % en 2004) et pour les mi-cuits (+5,3 % contre +1,1 %). Contrairement aux années précédentes, les foie gras d’oie (moins de 5 % du total) ont été à la hausse l’an dernier.
Les Français ont dépensé en moyenne 26,26 euros pour acheter du foie gras, soit 6 % de plus qu’un an auparavant. Ces performances ne sont pas étrangères aux efforts de communication et d’innovation des marques mais aussi aux campagnes collectives du Cifog et à la reconnaissance, de par la loi d’orientation agricole, du foie gras comme partie du patrimoine culturel et gastronomique de la France.
L’effet de l’embargo devrait être limité
L’offre de foie gras - production nationale (18 350 tonnes, en hausse de 450 tonnes) et production importée (3 350 t, en progression de 350 t) - s’est élevée à 21 700 tonnes de foie gras cru, soit 800 tonnes de plus qu’en 2004 (+4 %). Les exportations sont restées dynamiques avec 3 100 tonnes, réparties en 2 217 t de foie gras cru et 887 t de foie gras prêt à consommer. La filière du foie gras, a ainsi apporté sa contribution positive au commerce extérieur français, avec un excédent de 29 millions d’euros, en baisse toutefois sur ceux de 2004 (34,9 M EUR) et 2003 (41,5 M EUR), en raison de la forte augmentation des importations de matière première en provenance de Hongrie et de Bulgarie pour répondre à la demande du marché français.
L’Espagne reste le principal client du foie gras français, devant le Japon, l’ensemble Belgique-Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis, qui figurent au 7e rang, ont fortement accru leurs achats, après une période d’embargo en 2004, retrouvant presque leur niveau de 2003 (1,4 million d’euros contre 1,7 million).
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Malgré les mesures d’embargo prises par 43 pays, dont le Japon et de nombreux pays asiatiques, depuis février 2006, à la suite de la découverte de cas de grippe aviaire dans un élevage de dindes dans le département de l’Ain, les producteurs et industriels du fois gras restent sereins, aucun cas n’ayant été décelé dans des élevages de palmipèdes à foie gras.
L’obligation pour les éleveurs de confiner partiellement leurs canards et leurs oies et de les faire vacciner dans les zones humides de trois départements gros producteurs (Landes, Vendée et Loire-Atlantique), n’a pas eu d’impact.
« Cet embargo reste marginal en dehors de la période des fêtes de fin d’année et aucune entreprise n’a été obligée de prendre des mesures de chômage technique», souligne M. Schwebel. Le président du Cifog a ajouté qu’il a « l’espoir que ces embargos seront prochainement levés ».
Les 43 pays concernés représentent un peu moins de 30 % des 80,3 millions d’euros d’exportations françaises de foie gras l’an dernier, selon le Cifog, qui rappelle que les régions productrices sont des régions demeurées indemnes de grippe aviaire.
Un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros
La France a conforté son leadership dans la production mondiale de foie gras qui est estimée à 23 500 tonnes en 2005, selon le Cifog. La production française de 18 450 tonnes, produite à partir d’environ 38 millions de palmipèdes, dont 96 % de canards et 4 % d’oies, pèse toujours 75 % du total, loin devant la Hongrie et la Bulgarie.
La filière française palmipèdes gras, qui emploie quelque 30 000 personnes, a réalisé un chiffre d’affaires total d’environ 1,5 milliard d’euros en 2005 (contre 1,2 milliard en 2004).
C’est pendant les fêtes de fin d’année, même si les professionnels accentuent leurs efforts pour encourager la consommation en dehors de cette période, que les Français achètent le plus de foie gras avec un pourcentage qui atteint 73 % du total des ventes annuelles.