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Restructuration/Volaille Nouveau report pour le plan de continuation de Doux

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Alors que les dirigeants du groupe volailler Doux rencontraient le mercredi 25 septembre en fin de journée, Guillaume Garrot, ministre délégué à l’agroalimentaire, ceux-ci n’avaient pas pu présenter au tribunal de commerce de Quimper leur plan définitif de continuation. L’entrée au capital du groupe saoudien Almunajem a cependant été confirmée. Les juges consulaires leur ont accordé un délai supplémentaire jusqu’au 30 septembre. La direction de Doux estime cependant que ce plan est prêt à 99,9% et pourrait être soumis dans les prochains jours, voire heures. Restent en suspens la position des créanciers et l’engagement de la BPI. Les représentants des salariés se veulent très prudents.

Les juges du tribunal de Quimper ont accordé, le 24 septembre, un délai supplémentaire, allant au 30 septembre, au groupe Doux pour présenter son plan de continuation définitif. Cette date pourra être respectée, selon les dirigeants, les grandes lignes étant quasiment arrêtées. Comme cela a été présenté aux salariés, le 19 septembre lors d’un CCE, celui-ci repose sur l’entrée au capital à hauteur de 25% du groupe Almunajem, premier client et partenaire du groupe. Celui-ci entend « maintenir – et si possible développer – ses volumes de commandes, d’achat de volailles et de produits transformés à base de volailles », selon le groupe breton. Le fonds d’investissement Développement & Partenariat Finance de Didier Calmels détiendrait 52%, le solde restant entre les mains de la famille du fondateur Charles Doux. La direction de Doux se fixe désormais pour objectif une validation de ce plan de continuation pour la mi-novembre, « qui permettrait au Groupe Doux de sortir mécaniquement du redressement judiciaire et de poursuivre le redéploiement de ses activités dans des conditions normalisées notamment grâce à un désendettement drastique ». La fin de cette période d’observation est le 30 novembre.
 
Quid du rôle de la BPI ?
La fin de la période d’observation permettrait également à la Banque publique d’investissement de prendre une position définitive dans ce dossier. Pour l’heure, elle fait valoir qu’elle ne peut intervenir en faveur d’une entreprise en procédure collective. Un pool bancaire serait prêt à consentir des prêts à long terme, mais solliciterait la caution de la BPI. Selon Nadine Hourmant, déléguée syndicale FO du groupe Doux, il s’agirait de banques nationales, les banques régionales ayant refusé. Elle s’étonne de la non-réponse de la BPI et a adressé une lettre ouverte à François Hollande lui rappelant qu’en décembre 2012, Guillaume Garot en visite sur le site de Chateaulin « avait annoncé un accord de principe avec la BPI et un pôle bancaire régional, avant l’audience du 24 septembre ». « À ce jour, aucun retour », écrit-elle. De son côté, Raymond Gouiffés, délégué CGT, espère qu’une réponse sur le sujet pourra être apporté par Guillaume Garot, soit lors de sa réunion avec les dirigeants de Doux, le 25 septembre à Paris, soit lors de sa venue à Quimper ce lundi 30 septembre.
 
L’attitude des créanciers, autre incertitude
Le second obstacle à franchir pour la finalisation du plan concerne les créanciers du groupe. Ils sont environ 4 000 au total, représentant principalement des éleveurs. Doux leur a soumis deux propositions. La première prévoit le paiement immédiat de leur créance à hauteur de 15% pour les créanciers de Doux SA et 25% pour ceux de Soprat. La seconde prévoit le paiement intégral mais sur dix ans. Face à ces incertitudes, Nadine Hourmant se veut très prudente pour l’avenir d’autant que selon elle, Maître Régis Valliot, l’administrateur judiciaire du groupe a prévenu les représentants du personnel « que 2014 serait une année de tous les dangers, avec les incertitudes sur les fluctuations monétaires et les investissements indispensables pour moderniser l’outil de production, sans oublier la remise à zéro des restitutions ». Sur ce dernier point, FO interpelle d’ailleurs François Hollande, lui demandant « où en est le recours contre la Commission européenne annoncé par Stéphane Le Foll ».

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