Si l’Union européenne est restée, au 3 novembre, indemne de foyers de grippe aviaire, la Russie, les Balkans et l’Asie ont connu une recrudescence de l’épizootie.
La Commission européenne a confirmé fin octobre l’absence du virus de la grippe aviaire en Grèce donnant son feu vert à la levée de l’embargo sur la région de Chios sous surveillance depuis deux semaines. Aucun cas n’a été détecté dans l’UE à ce stade en dehors des oiseaux repérés dans une station de quarantaine britannique et la consommation de volailles semble avoir légèrement repris, notamment en France. Les États membres continuent toutefois à prendre des mesures de confinement des élevages dans les régions à risque et les experts des Vingt-cinq devraient faire le point de la situation les 8 et 9 novembre à Bruxelles.
La situation demeure en revanche préoccupante dans les Balkans et en Russie où de nouveaux foyers de virus H5N1 ont été découverts, ainsi qu’en Asie où la maladie a fait sa réapparition en Thaïlande et au Japon. Les experts tentent aussi de mobiliser l’Afrique, prochaine étape des oiseaux migrateurs potentiellement porteurs du virus. Enfin, les Etats-Unis, très en retard dans leurs préparatifs contre une éventuelle pandémie humaine, ont annoncé un plan d’action national le 3 novembre.
Conférence de la FAO, l’OIE et l’OMS pour une stratégie mondiale contre le H5N1
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et la Banque mondiale organisent du 7 au 9 novembre à Genève une réunion intitulée « Le virus H5N1 : vers une stratégie mondiale ». L’objectif est d’établir un programme d’action, de préciser les lacunes, les mesures inutiles et les progrès, et d’attribuer les responsabilités concernant l’aide aux pays touchés et aux pays à risque. La réunion définira aussi les besoins techniques et financiers de la lutte contre le virus H5N1 et établira une liste de priorités.
Des représentants des États membres, d’ONG et d’autres parties intéressées y participeront.
La situation par zones géographiques en date du 03 novembre
Union européenne : la Grèce officiellement « indemne » du virus
* France: Les industriels de la volaille ont demandé le 28 octobre au gouvernement l’adoption immédiate de mesures financières pour aider la filière victime d’une baisse d’environ 20 % de ses ventes depuis le début de la crise de la grippe aviaire. (lire p. 33)
* Italie: tous les tests ordonnés sur des oiseaux migrateurs pour rechercher la présence du virus H5N1 de la grippe aviaire se sont avérés négatifs, a annoncé le ministre de la santé Francesco Storace le 28 octobre. Seuls 2 échantillons sur 582 prélevés sur des oiseaux arrivés dans le delta du Pô ont révélé la présence d’un virus de sous-type H5, « bassement pathogène et peu agressif pour les volailles domestiques, auxquelles il ne cause qu’une légère maladie ou une petite infection », a-t-il affirmé.
Le principal syndicat d’agriculteurs italien, la Coldiretti, a affirmé le même jour que la « psychose » de la grippe aviaire entraînait un manque à gagner quotidien de 5 millions d’euros pour le secteur d’élevage de volailles. Selon le syndicat, les Italiens consomment « 50 % en moins » de viande de volaille. « Les cotations de poulets vivants sont descendues du minimum historique de 42 centimes le kilo à 27 centimes le kilo », a indiqué la Coldiretti. L’Italie compte 6 000 élevages de volaille, 173 abattoirs et 517 entreprises de préparation de la viande, pour un total de quelque 180 000 salariés.
* Grèce: Les autorités ont levé l’interdiction des mouvements de volailles de la région de Chios après le feu vert donné par Bruxelles le 31 octobre. La Commission européenne a en effet été informée à cette date par le laboratoire de référence communautaire de Weybridge que les résultats finaux pratiqués sur des échantillons prélevés sur des dindes mortes sur l’îlot Oinousses sont négatifs à la grippe aviaire.
Athènes avait lancé l’alerte le 17 octobre en annonçant la découverte d’un cas de volaille positive aux anticorps H5 dans un petit élevage familial. Face aux interrogations des éleveurs, qui accusent le gouvernement d’avoir géré l’affaire en amateurs en annonçant prématurément l’arrivée du virus en Grèce et en laissant planer le doute sur l’arrivée ou non au laboratoire communautaire de la dinde malade ayant servi pour les tests, le parquet de la Cour suprême grecque a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur la procédure suivie par les autorités dans cette affaire. À l’instar de l’Ukraine, les pays tiers ont commencé à lever leurs embargos sur les volailles grecques.
S’estimant désormais « préparée » à faire face au risque, la Grèce accueillera le 19 novembre une réunion des ministres de la Santé de plusieurs pays des Balkans et de la Mer noire, afin de décider des mesures à prendre en commun pour faire face à la maladie.
* Royaume-Uni : seuls deux oiseaux sont finalement morts du H5N1 dans une station de quarantaine, ont confirmé les autorités le 30 octobre après avoir procédé à des tests sur 32 volatiles ayant cohabité avec le premier perroquet suspect.
* Irlande: les autorités ont interdit le 27 octobre les expositions d’oiseaux et les marchés de volaille et exigent dorénavant que toutes les volailles soient enregistrées et que toute mort suspecte de volatile soit signalée. 6 000 personnes en Irlande travaillent dans l’aviculture qui est principalement concentrée dans le comté de Cork, dans le sud du pays, et ceux de Cavan et de Monaghan, proches de la frontière avec l’Ulster.
* Espagne: le gouvernement a ajouté le 31 octobre sept zones sensibles à la liste des régions à risque de grippe aviaire, autour desquelles l’élevage d’oiseaux et de volailles à l’air libre est interdit dans un rayon de dix kilomètres.
Elles se situent en Andalousie (sud), à Murcie (sud-est) et en Cantabrie (nord). Dans ces zones, comme dans les dix-huit déjà inclues dans la liste, l’élevage d’oiseaux et de volailles à l’air libre a été interdit dans un rayon de dix kilomètres et les zoos devront enfermer leurs oiseaux et vacciner ceux qui doivent vivre à l’air libre. Les dix-huit autres points sensibles se situent dans des zones humides du littoral espagnol, entre la Catalogne (nord-est) et l’Andalousie (Sud), et sur l’île de Majorque (Baléares) et se caractérisent par une densité moyenne annuelle supérieure à 6 000 oiseaux. Le ministère a également décidé d’interdire les marchés, les concentrations et tout événement culturel avec des oiseaux sur tout le territoire espagnol, sauf autorisation exceptionnelle. La traditionnelle foire animale de la place de La Alfalfa de Séville (Andalousie, sud) a ainsi été annulée dimanche pour une période indéfinie. Le Parti nationaliste andalou (PA) a réclamé « la continuité » d’un marché pittoresque avec « autant d’histoire » que celui de la place de La Alfalfa.
* Suède: le confinement des volailles a été ordonné le 27 octobre dans les régions de Stockholm et Göteborg, les plus peuplées du pays, suite à l’apparition de nouveaux foyers en Russie. L’utilisation des eaux de surface pour abreuver ces animaux a par ailleurs été interdite, de même que la chasse aux volatiles de zones humides et les foires d’oiseaux.
* Slovaquie: l’Administration vétérinaire de la Slovaquie (SVPS) a ordonné le 28 octobre à Bratislava le confinement des volailles dans le pays, afin de les empêcher d’être contaminées par le virus de la grippe aviaire.
Les éleveurs ont été invités à « empêcher tout contact direct et indirect des volailles avec les oiseaux migrateurs, notamment avec les oiseaux aquatiques », selon un communiqué. L’autorité vétérinaire slovaque a également ordonné une « séparation stricte des volailles aquatiques des autres volailles » ainsi que d’autres mesures en ce sens. Cette décision doit rester en vigueur jusqu’à nouvel ordre, indique le texte.
Quelques jours plus tôt, Bratislava avait déjà interdit le rassemblement d’oiseaux vivants, dans les foires, marchés et expositions.
Europe orientale et Balkans : nouveaux cas en Roumanie et en Russie, 1 foyer en Croatie
* Roumanie: de nouveaux cas de grippe aviaire ont été annoncés le 31 octobre dans le sud-est sur une oie à Vadu Oii, dans le département de Constanta, au bord de la mer Noire et sur un cygne retrouvé mort au bord du lac Razim, dans le delta du Danube. Le 28 octobre, la présence du virus H5N1 avait été confirmée pour la première fois en dehors du delta du Danube (sud-est), à Vaslui dans le nord-est, sur un héron trouvé près de la frontière avec la Moldavie.
Le ministre de l’agriculture, Gheorghe Flutur, se veut toutefois rassurant, indiquant que des centaines d’analyses effectuées sur des échantillons suspects provenant de quatre départements de l’est du pays, dont Vaslui, se sont toutes révélées négatives. Néanmoins, les mesures de protection, dont le confinement des volailles de basse-cour, ont été maintenues et renforcées dans les régions touchées.
* Croatie: les autorités ont annoncé le 2 novembre qu’un cygne portant une bague d’immatriculation hongroise avait été testé positif au virus H5N1. Il avait été abattu le 25 octobre à Zdenci, dans l’est de la Croatie, alors qu’il agonisait et présentait des symptômes de la grippe aviaire. C’est aussi à Zdenci, qu’un premier foyer de grippe aviaire avait été identifié le 21 octobre sur des cygnes retrouvés morts. Toutes les volailles avaient été tuées dans un rayon de trois kilomètres autour de ce village pour prévenir la propagation du virus. Quelques jours plus tard, un deuxième foyer avait été dépisté à Nasice, à une quinzaine de kilomètres de Zdenci et les mêmes mesures avaient été adoptées.
Au total, environ 40 000 volatiles ont été tués dans la région et les fermiers ont été dédommagés.
* Turquie: le gouvernement a interdit le 27 octobre les importations d’oiseaux et de produits dérivés de volaille en provenance de Grèce, de Roumanie et d’Iran à titre de précaution. Aucun nouveau cas de grippe aviaire n’a été détecté en Turquie depuis le 1er foyer trouvé début octobre.
* Russie: les autorités ont annoncé le 1er novembre la découverte d’un nouveau cas de virus H5N1 dans un élevage à Chatrovo, un village situé dans la région de Tcheliabinsk, dans l’Oural, où 13 volailles au total ont été retrouvées mortes. L’élevage entier, soit 156 volailles (poules, oies et canards), a été abattu. D’autres résultats de tests étaient attendus début novembre sur deux cas suspects constatés dans la région de l’Altaï, en Sibérie.
Dans la région de Tcheliabinsk, un autre village, Oktiabrskoïe, avait été touché en août par le virus H5N1.
Au total, le virus a été confirmé dans huit régions administratives de Russie et des centaines de milliers de volailles ont été abattues. Il est arrivé sur le territoire russe par la Sibérie en juillet et a franchi l’Oural fin août pour toucher la République de Kalmoukie, au bord de la mer Caspienne.
Asie : recrudescence de la maladie en Thaïlande et au Japon
L’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) estime désormais que 102 millions de dollars sont nécessaires pour aider les pays les plus défavorisés d’Asie du Sud-est à lutter contre la grippe aviaire. Un sommet régional se tenait du 1er au 3 novembre à Bangkok pour tenter de coordonner la lutte contre la maladie.
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* Thaïlande: des foyers de grippe aviaire ont été détectés dans trois provinces supplémentaires fin octobre : Suphanburi (district de Sam Chuk où quatre poulets sont morts), Angthong (district de Chai Yo) et Kalasin .
Selon un nouveau décompte, la Thaïlande a recensé une vingtaine de foyers de grippe aviaire dans 7 de ses 76 provinces (Kampheang Phet, Suphanburi, Kanchanaburi, Nonthaburi, Chachoengsao, Kalasin et Angthong). Par ailleurs, les autorités ont confirmé le 31 octobre un vingtième cas humain de grippe aviaire sur une quinquagénaire. Au total, treize personnes sont mortes de la grippe aviaire en Thaïlande depuis que le virus y a été détecté en janvier 2004.
* Indonésie: les autorités sanitaires s’inquiètent du fait que le virus de la grippe aviaire se propage dans les zones d’habitat urbanisées où les poulets sont disséminés et plus difficiles à surveiller que dans les régions d’élevage. Accusé de ne pas agir suffisamment pour enrayer l’épidémie, le gouvernement a annoncé le recrutement de centaines d’étudiants vétérinaires pour qu’ils recherchent les oiseaux malades dans les fermes.
Sept millions de poulets ont été abattus depuis l’apparition de l’épizootie en Indonésie. Pas moins de 22 provinces indonésiennes (sur 32) sont officiellement touchées par la grippe aviaire, et notamment la conurbation de Jakarta (plus de 20 millions d’habitants). Le virus se retrouve sur les plus grandes îles (Java, Sumatra, Sulawesi, etc.).
L’action des autorités à Jakarta a été critiquée fin septembre par deux agences majeures des Nations unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
* Japon: les autorités ont annoncé fin octobre l’abattage de 82 046 poulets, après la découverte d’un nouveau foyer de grippe aviaire, dans une ferme de la préfecture d’Ibaraki (est du Japon). Il s’agit du 31e cas d’infection H5, un des virus de la grippe aviaire, dans cette préfecture, où près d’un million et demi de volailles ont déjà été abattues. Des tests sont encore en cours pour déterminer s’il s’agit du H5N1. La préfecture d’Ibaraki a déjà interdit le transport des volailles et des œufs. Les précédents cas découverts à Ibaraki étaient de type H5N2, une forme beaucoup moins virulente que le virus H5N1. Le Japon a été relativement épargné par l’épidémie de grippe aviaire.
* Chine: les autorités ont interdit l’importation de volailles et de viandes de volailles en provenance de 14 pays (Thaïlande, Vietnam, Indonésie, Cambodge, Japon, Corée du Nord, Roumanie, Croatie, Kazakhstan, Afrique du sud, Mongolie, Turquie, Russie et Suède) « pour empêcher la propagation de la grippe aviaire ou autre grave épidémie de maladies animales et protéger la santé des populations et la sécurité de l’industrie volaillère », selon un communiqué. C’est la dernière des mesures prises par la Chine pour combattre la grippe aviaire depuis l’annonce récente de la découverte sur le sol chinois de nouveaux foyers, en Mongolie intérieure (nord) et dans les provinces de l’Anhui (est) et du Hunan (centre). La Chine a déjà interdit la vente, le transport et la consommation d’animaux et de volatiles qui sont morts de maladies inconnues et offre des récompenses à ceux qui signalent la mort subite d’animaux ou d’oiseaux. Aucun cas de contamination humaine n’a été signalé en Chine jusqu’à présent par les autorités, bien que la grippe aviaire ait tué depuis 2003 au moins 60 personnes en Asie, dont les deux tiers au Vietnam.
* Philippines: le ministère de l’agriculture a indiqué le 3 octobre que plus d’un millier d’oiseaux domestiques avaient été saisis et devaient être renvoyés dans leur pays d’origine à titre de prévention, soit 352 perruches des Pays-Bas, 467 canetons importés de France via la Thaïlande et quelque 500 perroquets d’Indonésie. Par ailleurs, les douaniers ont détruit 1 475 œufs en provenance de pays touchés par l’épizootie ainsi que 24 tonnes de poulets et de canards importés de Chine depuis les six premiers mois de l’année. Les Philippines ont jusqu’à présent été épargnées par la grippe aviaire.
* Bangladesh: les autorités ont mis en place le 29 octobre un embargo sur tous les volatiles « d’où qu’ils proviennent » à titre de prévention. Avec un chiffre d’affaires annuel de 750 millions de dollars et plus de 2 millions de salariés, le secteur avicole est l’un des plus dynamiques du Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres au monde.
Afrique et Moyen-Orient : les experts vétérinaires inquiets
Réunis à Kigali du 1er au 3 novembre, les experts vétérinaires de l’Union africaine (UA) ont estimé qu’un foyer de grippe aviaire en Afrique « pourrait s’avérer plus grave qu’en Asie » étant donné les « faibles capacités de diagnostic et de surveillance » du continent et compte tenu du fait que « de nombreuses populations rurales vivent en étroite association avec la volaille domestique ». Ils aussi ont préconisé une série de mesures pour éviter autant que possible une épizootie.
Chaque pays membre devra ainsi soumettre d’urgence à l’UA un rapport sur les foyers confirmés et/ou soupçonnés de grippe aviaire ayant été signalés sur son territoire par le passé, entreprendre des études ciblées (y compris sérologiques) afin de faire un état des lieux de la situation actuelle par rapport à la grippe aviaire hautement pathogène », rassembler des informations sur les routes empruntées par les oiseaux migrateurs et leurs lieux de séjour, et étudier et surveiller les animaux et les produits d’origine animale qui entrent sur leur territoire et développer des stratégies nationales de détection précoce et de réaction rapide. Enfin, les experts ont demandé la tenue d’une réunion à l’échelle continentale et sous l’égide de l’UA, de l’OMS et de la FAO pour définir une stratégie commune de lutte.
* Irak: les autorités de la province kurde irakienne d’Erbil ont annoncé le 30 octobre avoir demandé à un laboratoire de l’OMS au Caire d’examiner des échantillons prélevés sur deux poulets suspects pour s’assurer qu’ils ne portent pas le virus de la grippe aviaire. Aucun cas n’a été détecté dans le pays à ce stade.
Le gouvernement a confirmé le 27 octobre l’interdiction d’importation des volailles, de la viande de volaille et des œufs en provenance d’une vingtaine de pays (Pakistan, Corée du Sud, Taïwan, Chine, Russie, Turquie, Hong Kong, Indonésie, Vietnam, Grèce, Ukraine, Roumanie, Birmanie, Croatie, Cambodge, Laos, Philippines, Kazakhstan, Malaisie, Mongolie). L’Irak est un gros importateur de volailles et de viande de poulet ainsi que d’oeufs.
* Côte d’Ivoire : le gouvernement a décidé le 27 octobre « l’interdiction de toute importation de viandes de volailles » en provenance de « tous les pays d’Asie du sud-est » dont « l’Indonésie et la Thaïlande », auxquels s’ajoutent la Turquie, la Roumanie et la Russie, et la Croatie.
* Rwanda: les autorités ont annoncé le 28 octobre avoir interdit officiellement toute importation de volailles et de viandes de volailles.
Amérique du nord : le virus H5 identifié sur des oiseaux au Canada, plan de lutte américain
* Etats-Unis : le ministère américain de la santé a dévoilé le 2 novembre un plan d’action très détaillé pour combattre une possible pandémie de grippe aviaire aux Etats-Unis dont des restrictions de voyage et des quarantaines. La veille, le président George W. Bush avait demandé 7,1 milliards de dollars au Congrès pour financer une stratégie nationale de prévention et d’action qui se répartit de la manière suivante :
– détection et contrôle des épizooties et épidémies avant qu’elles ne se répandent ailleurs dans le monde (251 millions de dollars). Le président Bush avait lancé un appel le 15 septembre à l’Onu pour créer un partenariat international contre une pandémie auquel se sont joints 88 pays et neuf organisations internationales.
– lancement d’une initiative dite « National Bio-Surveillance » pour aider à rapidement détecter, évaluer et répondre à tout signe d’infection de la grippe aviaire chez des volailles et des humains aux Etats-Unis.
- accélération de la technologie de culture cellulaire pour produire des vaccins plus rapidement (2,8 milliards de dollars). Les laboratoires pharmaceutiques pourront ainsi créer les infrastructures nécessaires aux Etats-Unis pour fabriquer assez de vaccins pour tous les Américains dans les six mois suivant le début d’une pandémie.
- recherche et développement de nouveaux traitements et vaccins (800 millions de dollars).
– demande au Congrès de modifier une loi qui facilite les actions judiciaires contre les laboratoires. Selon M. Bush, cette loi explique pourquoi il n’y a quasiment plus aux Etats-Unis d’entreprises pharmaceutiques produisant des vaccins.
– achat de vaccins antigrippaux prototypes contre le virus H5N1 et des antiviraux (Tamiflu, Relenza) par les départements de la Santé et de la Défense pour accroître les stocks stratégiques (respectivement 1,51 milliard de dollars et 1,02 milliard de dollars).
– assurer la préparation de tous les échelons gouvernementaux pour répondre à une pandémie (644 millions de dollars).
– tous les États et gouvernements locaux américains doivent avoir un plan d’urgence en cas de pandémie.
- création d’un site internet par le gouvernement fédéral (www.pandemicflu.gov) donnant au public américain des informations mises à jour en permanence pour les aider à se protéger contre une pandémie.
* Canada: les autorités ont annoncé le 1er novembre avoir à nouveau identifié le virus H5 de la grippe aviaire sur des oiseaux migrateurs dans l’ouest du pays, tout en jugeant peu probable qu’il s’agisse du H5N1 qui sévit en Asie.
Elles avaient déjà fait part le 31 octobre de l’identification du « sous-type H5 » du virus de la grippe aviaire sur 28 oiseaux sauvages au Québec et 5 au Manitoba. Cette fois, 24 % des quelque 704 échantillons prélevés sur des oiseaux migrateurs en Colombie-Britannique (ouest), se sont avérés positifs au sous-type H5 du virus. Il s’agit pour la plupart de colverts et aucun n’a été testé pour le virus H7 qui avait été identifié sur des volailles dans cette province en 2003.