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Prix du lait Nouvel échec des négociations

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Le Comité interprofessionnel de suivi du prix du lait et des marchés s’est à nouveau réuni le mardi 4 novembre. Après de longues heures de négociation, les acteurs de l’interprofession, à savoir les producteurs (FNPL) et les transformateurs privés (Fnil) et coopératifs (FNCL) n’ont pas abouti à un accord pour le 4 trimestre et le 1 trimestre 2009. La balle est dans le camp des interprofessions régionales. Face à cette situation de crise, les producteurs n’auront d’autre choix que l’action syndicale, prévient la FNPL.

Après l’échec de la réunion du 30 octobre, la rencontre du 4 novembre était celle de la dernière chance. À nouveau, les membres de l’interprofession laitière se sont réunis dans le but d’obtenir un accord sur le prix du lait de base pour le 4 e trimestre et le 1 er trimestre 2009. Malgré un « climat d’écoute », selon les termes de la FNCL (coopération laitière), et une volonté d’aboutir de chacun des acteurs de cette réunion, il n’a pas été possible à l’interprofession nationale d’aboutir à un accord.

« Concessions minimes »

Rappelons que les dernières propositions des transformateurs, selon la FNPL, portaient sur des baisses de -30 euros sur le 4 e trimestre 2008 et -55 euros pour le 1 er trimestre 2009 auxquelles s’ajoutait une flexibilité de -15 euros en fonction de la part des produits industriels dans les fabrications des entreprises. Selon le syndicat des producteurs, les « fédérations de transformateurs n’ont pas modifié leurs propositions pour le 4 e trimestre 2008 et n’ont fait que des concessions minimes sur le premier trimestre 2009 ». De leur côté, les industriels privés (Fnil) font appel « au réalisme économique » des éleveurs. Ils rappellent que, « malgré l’ajustement proposé au 4 e trimestre » afin que le prix du lait « soit en corrélation étroite avec l’évolution des marchés laitiers », « le prix du lait aura augmenté de 18 % en 2008 ». La FNCL et la Fnil indiquent que « la très forte fluctuation des cours du couple beurre-poudre a conduit les entreprises à des pertes de 100 euros/ 1000 litres depuis de nombreux mois ».

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« Mémoire bien courte »

Pour autant, la FNPL considère que les dernières propositions des industriels vont très largement au-delà de ce qui est supportable pour les éleveurs. « Compte tenu de la forte hausse des charges d’exploitations, les perspectives de baisse de prix engagées dès le 4 e trimestre et s’accentuant dès 2009 vont dégrader un revenu déjà trop faible », explique le syndicat. La FNPL met en garde les entreprises « dont la mémoire semble bien courte » et rappelle les effets dévastateurs d’une baisse de prix trop forte sur l’approvisionnement des matières premières. La FNPL, qui insiste sur la nécessité absolue pour la filière d’une maîtrise des volumes, tient « solennellement à souligner la responsabilité des pouvoirs publics ». En cherchant à empêcher les négociations interprofessionnelles, ils ont ouvert des brèches dans la cohésion du secteur laitier français, souligne le syndicat. Sans oublier les effets de la mise en place de la loi de modernisation de l’économie qui a « encore renforcé le pouvoir de la grande distribution », selon la FNPL.

Trouver un système d’indicateurs

Malgré ce désaccord, la FNCL espère « que les trois familles sauront se remettre très vite au travail pour élaborer un système d’indicateurs permettant d’éclairer les marchés, donnant ainsi un minimum de visibilité aux acteurs de la filière ». Pour les transformateurs coopératifs, ces indicateurs doivent aussi prendre en considération l’évolution des charges des producteurs ainsi que l’évolution des prix de vente des produits de grande consommation sur le territoire français ». Aucun nouveau rendez-vous au niveau national était programmé suite à l’échec du 4 novembre. L’interprofession laissant aux régions la possibilité de donner une tendance pour les six mois à venir. L’interprofession du Grand Ouest devrait se réunir le 12 novembre. Le temps presse : la prochaine échéance étant la paie du lait livré en octobre et faisant l’objet d’un bordereau mi-novembre. La paie d’octobre des producteurs risque donc d’être décidée par chaque entreprise sur des bases refusées par la FNPL. Difficile de prévoir quelle sera alors la réaction des producteurs. Un prix d’environ 300 euros/1000 litres semble être, selon certains observateurs, acceptable pour le 4 e trimestre. Pour autant, la FNPL appellait, le 4 novembre, à l’action syndicale face à cette situation de crise.