Abonné

Polémique Nouvelle polémique sur la toxicité de trois maïs transgéniques

- - 3 min

Une étude coécrite par Gilles-Eric Sérallini, du CriiGen, et publiée le 10 décembre, dénonce les risques liés à la consommation de trois maïs OGM. Elle s’appuie sur une analyse statistique de travaux réalisés en 2000 et 2001. Des résultats vivement critiqués par les défenseurs des OGM.

Encore et toujours sur la sellette. Certains maïs OGM seraient à l’origine de troubles au niveau des reins et du foie, organes particulièrement sensibles aux intoxications alimentaires. Le débat n’est pas nouveau. Mais une nouvelle étude, publiée le 10 décembre dans l’International Journal of Biological Sciences et coécrite par Gilles-Eric Sérallini, professeur à l’université de Caen et membre du CriiGen (comité de recherche et d’information sur le génie génétique, anti-OGM), vient de le ranimer. Cette étude porte sur trois variétés, le NK 603 résistant, au désherbant Round up, le Mon 810 et le Mon 863, des maïs tolérants pour le premier à la pyrale pour le second à la chrysomèle. Les chercheurs fondent leur analyse sur trois expérimentations réalisées sur des animaux en 2000 et 2001 dans deux laboratoires différents, l’un appartenant à Monsanto, l’autre à la société Covance. L’une de leurs idées : valider la fiabilité statistique des résultats obtenus à l’époque. Bilan : non seulement ceux-ci rendent difficile toute conclusion définitive car un nombre insuffisant d’échantillons a été pris en compte, mais en plus, les analyses statistiques n’ont pas été réalisées correctement. Les chercheurs signalent également que les toxicités qui ont été détectées pourraient provenir des insecticides ou herbicides produits par les plantes modifiées.

Pas de nouvelle preuve selon l’AFBV
Fort de ces éléments, le Criigen a fait savoir qu’il souhaitait « que des études soient refaites sur une durée plus longue, sur plusieurs espèces avec un nombre d’individus garantissant une puissance suffisante des tests statistiques ». Pour l’organisation, il faut également interdire « fermement » l’importation et la culture des OGM. Cette étude n’a pas manqué de faire réagir les défenseurs des OGM, réunis au sein de l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales). Cette dernière estime que l’étude émet des doutes « sans apporter aucune nouvelle preuve », sachant que sur ces variétés, « aucun problème sanitaire n’a jamais été mis en évidence de façon scientifique », selon elle. Pour l’association, il s’agit avant tout d’une « nouvelle interprétation de données déjà existantes, en quelque sorte “recyclées” et bien connues depuis longtemps ». Les maïs OGM n’ont décidément pas fini de faire parler d’eux. D’autant plus que si l’Efsa (Autorité européenne pour la sécurité sanitaire des aliments) a renouvelé sa confiance au Mon 810 le 30 juin dernier… l’autorisation de ce maïs n’a pas encore été renouvelée au sein de l’Union européenne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre