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Europe Nouvelles maladies animales : le Nord de l’Europe dans le collimateur

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Un avis politique du Conseil des affaires européennes du Sénat concernant les risques d’introduction des maladies nouvelles (FCO, Schmallenberg…) dans l’Union européenne a été voté à l’unanimité, le 6 décembre. Le Conseil demande à la Commission européenne de saisir l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) pour que des investigations soient menées dans le Nord de l’Europe.

«L’aéroport de Maastricht est connu des vétérinaires pour les arrivées de fleurs du Kenya ou d’Amérique latine… et de nuées de moustiques », a expliqué Bernadette Bourzai, sénatrice de la Corrèze, le 11 décembre. Dans un avis politique, voté à l’unanimité le 6 décembre, l’ancienne députée européenne alerte la Commission européenne (CE) sur les risques potentiels d’introduction de nouvelles maladies dans la zone aéroportuaire de Maastricht et dans les zones portuaires du Nord de l’Europe. L’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) doit être saisie par la CE pour « conduire une analyse des risques d’introduction des maladies nouvelles dans ces zones », lit-on dans le rapport publié le 10 décembre, qui accompagne l’avis politique du Conseil des affaires européennes du Sénat.
Les risques d’introduction de nouvelles maladies à l’aéroport de Maastricht sont connus des vétérinaires et des experts de la santé publique. Ces zones aéroportuaires et portuaires sont des « plaques tournantes » énormes du commerce international. « Je comprends que ce soit difficile à gérer, mais il y a là un véritable risque d’introduction de maladies », affirme une source proche du dossier. L’enjeu économique à Maastricht est tel, qu’il prime parfois sur l’enjeu sanitaire. Le problème est délicat à traiter car il engage un nombre limité d’États membres de l’Union européenne, mais la Commission européenne devra tôt ou tard se pencher sur la question. Pour les zones portuaires du Nord de l’Europe, la sénatrice n’a pas l’intention de citer de villes en particulier.
« Un État serait dans une position plutôt inconfortable s’il prenait l’initiative de “commander” une analyse des risques dans un Etat membre désigné ou dans une région particulière », explique-t-elle. Non, l’idée n’est pas de désigner un Etat membre en particulier, l’idée est d’alerter les autorités européennes. Bernadette Bourzai constate que « les zones où le virus de Schmallenberg a été détecté pour la première fois, sont remarquablement superposables avec celles où la FCO a fait son apparition en 2006-2007 ». FCO, Schmallenberg…les premières maladies animales du XXIe siècle. « Il y a bien une attente légitime à s’intéresser aux facteurs de risque qui, coup sur coup, conduisent l’Europe à faire face à des maladies animales nouvelles », soutient-elle.

Sourde-oreille

Un haut fonctionnaire du ministère de l’Agriculture confie que « cela n’a jamais été investigué et la Commission européenne fait la sourde oreille comme s’il s’agissait d’un sujet tabou ». Le vote de l’avis politique du 6 décembre est donc une victoire sur laquelle le Conseil des affaires européennes du Sénat compte bien s’appuyer pour faire avancer le dossier, mais pas seulement. Le rapport du Conseil fait référence à une déclaration de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) du 2 juillet 2012 sur « l’importance d’encourager la transparence et les réponses adéquates pour faire face aux maladies émergentes ». La question ne doit pas être traitée seulement à l’échelle européenne, mais aussi à l’échelle mondiale. Car « la globalisation des échanges implique aussi une circulation des maladies qui peuvent en huit heures de transport changer de continent », décrit un expert de la santé publique.
Le projet de « loi sur la santé animale européenne » a été placé sous la devise « mieux vaut prévenir que guérir » en 2007. Cinq ans plus tard, les premières versions ont été communiquées aux Etats membres. Pour Bernadette Bourzai, « ce projet encore en maturation est une opportunité ». Un article devrait porter sur l’analyse et la gestion des risques. Une évaluation des risques dans les zones européennes de plaque tournante du commerce international semble avoir la « pertinence » recommandée par la Direction générale de la santé et des consommateurs.

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