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Nouvelles perspectives pour les bio-déchets

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CIMV (Compagnie industrielle de la matière végétale), qui travaille depuis des années sur la valorisation de la lignocellulose, a annoncé le 24 avril la mise en service à Compiègne d'un pilote de transformation de la paille en éthanol et en sucres utiles à l'industrie chimique. L’objectif est de produire des biocarburants et des biomolécules en utilisant la partie non comestible des plantes, afin de ne pas empiéter sur la ressource alimentaire.

CIMV installe sur le site de l'institut de recherche Pivert à Compiègne un pilote de valorisation de la partie non alimentaire des plantes, notamment la paille, en éthanol, en sucres générateurs de produits chimiques et en lignine. Ce pilote permettra de produire les deux produits phares issus de la paille : l'éthanol à partir de la cellulose, et la Biolignine (marque déposée de lignine de CIMV) à partir de la lignine. Les essais porteront principalement sur la paille de blé et d'orge, mais pourraient aussi porter sur de la paille de colza, de tournesol, et des plantes à haut rendement de biomasse comme le miscanthus, le switch grass, selon Thierry Scholastique, président de CIMV.

Valorisation possible de nombreux composants de la paille

La lignine, jusque là considérée comme un déchet par les papetiers, est un substrat pour la fabrication de colles phénoliques, de panneaux de particules et elle est indispensable dans l'alimentation des lapins. De plus, elle est utilisée comme émulsifiant dans le béton et l’asphalte, dans les colorants et les cires. Sa capacité à retenir les particules en suspension dans les solutions en fait « un excellent dispersant », selon les chimistes, d'où des applications dans les lessives. Des recherches visent à multiplier les applications de la lignine en substitution de produits pétrochimiques tels que le noir de carbone, utilisé dans la fabrication du caoutchouc. La lignine pourrait servir dans les bioplastiques et comme substitut des fibres dans les composites renforcés, tels que la fibre de verre et la fibre de carbone.

Outre l'éthanol et la lignine, CIMV vendra « les jus sucrés » (xylose, arabinose, etc) à l'industrie pour la fabrication de molécules chimiques et de bioplastiques, précise Thierry Scholastique. En outre, il est possible d'extraire un peu de protéines de la paille.

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Une tonne de paille se décompose en 500 kilos de cellulose, 250 kilos de lignine, un peu plus de 200 kilos de jus sucrés, et le reste de silice, protéines et de substances diverses, rappelle Thierry Scholastique. La paille de blé contient environ 2% de silice, la paille de riz 10%. La silice a une utilisation possible comme ingrédient de charge dans les caoutchoucs et dans des cosmétiques. Au bout du compte, avec de tels travaux de recherche-développement, la paille pourrait être appelée à prendre, à terme, une valeur d’utilisation alors qu’elle est pour l’instant surtout un co-produit au mieux à valeur faible.

La capacité du pilote est de 50 kg de paille traitées par heure. L'institut Pivert, qui a comme partenaire clé le groupe oléagineux Avril, fera bénéficier le pilote de CIMV de ses équipements et du savoir-faire de ses équipes en analyses de résultats scientifiques et en informations sur les débouchés commerciaux.

Des recherches visent à multiplier les applications de la lignine