La Commission européenne a donné récemment son feu vert à la commercialisation par l’entreprise Pfizer d’un vaccin permettant de stériliser les porcs mâles. Une étape jugée décisive par les organisations de bien-être des animaux en vue de l’interdiction de la castration à vif, pratiquée notamment en France.
Redoutée par les professionnels, qui craignent un éventuel impact négatif chez les consommateurs de l’utilisation d’une nouvelle substance chimique dans l’élevage, la castration des porcs par vaccination va être désormais possible en Europe. La Commission de Bruxelles a autorisé récemment l’utilisation de l’Improvac. Ce produit est un vaccin permettant de stériliser les porcs mâles. Et donc de réduire la production d’andosténone et de scatole, des substances hormonales qui dégagent une puissante odeur, très désagréable pour les consommateurs.
Selon Pfizer, l’immunocastration est bien acceptée par le public et n’est pas, comme le redoutent les éleveurs, assimilée à une hormone de croissance. Reste la question de son surcoût par rapport à la castration à vif.
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Cette dernière technique fait l’objet d’une forte mobilisation des organisations de défense du bien-être des animaux qui la jugent « archaïque ». Elle est, selon l’association Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF), une « épreuve douloureuse et traumatisante pour les porcelets, y compris pour leur mère, bloquée en cage et impuissante à défendre ses petits. Pour Johanne Mielcarek, spécialiste de cette question pour PMAF « l’autorisation du vaccin dans l’Union européenne est une opportunité unique de mettre enfin un terme à une pratique brutale, archaïque et injustifiable ».
L’organisation indique que le vaccin est déjà couramment utilisé en Australie et en Nouvelle-Zélande. La castration sans anesthésie sera interdite en 2010 en Suisse et l’est d’ores et déjà aux Pays-Bas.