Le prix des matières premières va devenir l’obsession pour les filières agroalimentaires. Il y a deux ans le brusque mouvement haussier avait surpris tout le monde, affectant les unes après les autres toutes les commodités, du pétrole au nickel, du blé au maïs et se répercutant jusqu’aux frets maritimes ou à la poudre de lait. Le retournement dû à la crise de septembre a été aussi brutal dans la baisse qu’il l’avait été dans les hausses. Mais l’histoire ne se répétant jamais à l’identique, les experts de Cyclope nous annoncent maintenant des mouvements au contraire très divergents selon les denrées. La récession maintiendra un bon moment le pétrole, le fret ou le minerai de fer dans les basses eaux mais de nouvelles tensions sont à prévoir sur les marchés agricoles, selon Philippe Chalmin car, « avec ou sans crise économique, le monde a faim ». Parmi les premiers produits à flamber, le sucre, grand oublié de la dernière bulle spéculative, grimperait de 23 % d’ici la fin de l’année, quand le maïs regagnerait 12 %, le cacao 8 % et le riz un petit 3 %. Seul le blé resterait stable, les corps gras seraient en baisse et, contrecoup classique d’une crise sanitaire comme celle de la grippe A, une grave déprime toucherait l’ensemble des viandes.
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Le scénario ne va pas être simple mais ne contredit pas la nécessité de relancer l’investissement mondial dans l’agriculture si l’on ne veut revoir les émeutes de la faim de 2008. Le G20 en a pris l’engagement mais en vain faute de stabilisateurs pour des revenus agricoles décents. Pour les IAA, s’adapter à la volatilité qui gonfle ou dégonfle les chiffres d’affaires restera périlleux, elle peut laisser leurs marges exsangues et leur accoler le soupçon de profiter seules des mouvements baissiers.