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Nutrition animale Nutrition animale : la Bretagne en recul

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Le secteur de la nutrition animale a perdu 2,2 % en Bretagne, à un peu moins de 8,5 millions t. En dix ans, les industriels adhérents de l'AFAB ont perdu 12,8 % de leurs fabrications. Pendant ce temps-là, l'Allemagne gagnait 18 %.

En Bretagne, première région de fabrication d'aliment du bétail en France (41 % de parts de marché), le secteur a abandonné, en 2011, 2,2 % à 8,456 millions t, a indiqué il y a quelques jours lors de son assemblée générale l'Association des fabricants d'aliments du bétail de Bretagne (AFAB). Il manque à ce total l'industriel porcin Cooperl Arc Atlantique, également opérateur en nutrition animale (1,6 million t d'aliments en 2011) qui n'adhère pas à l'AFAB. Toutes les fabrications ont reculé : l'aliment porc (- 1,9 % à 4,092 millions t) ; l'aliment volaille-chair et ponte (- 1,2 % à 3,161 millions t) ; en l'aliment bovin (- 4,9 % à 1,060 million t). Dans le détail, l'AFAB fait plusieurs observations. Concernant la volaille-chair, les fabrications pour poulet standard progressent plus vite en Bretagne qu'en France, « grâce à l'aliment standard et à une légère reprise de l'aliment dinde », remarque l'association patronale. Les meilleures performances en volaille-chair enregistrées en France comme en Europe concernent le poulet dont la demande hors d'Europe a été encore très forte en 2011. Cependant les importations en France de viande de volaille ont encore progressé. Désormais, « 42 % de la consommation française de viande de poulet (est) satisfaite par les importations », note l'AFAB. En poule-pondeuses, l'année 2011 a été perturbée par la baisse de production en France consécutive à la mise aux normes
« bien-être » des bâtiments d'élevage. Dans la fabrication d'aliment porc, la Bretagne souffre de la baisse de la production en vif dans le pays qui marque un repli de 0,6 % en 2011. Pendant ce temps-là, l'UE 27 affiche 2,1 % de croissance en 2011, à 27, à 23 257 millions t. Quant à l'aliment bovin, la baisse résulte avant tout de l'activité en vaches laitières qui a reculé de 5,32 % en 2011.

Une baisse structurelle
Après la quasi-stagnation de 2010 (+ 0,7 %), l'AFAB voit les volumes de ses adhérents de nouveau reculer. Difficile d'invoquer la conjoncture lorsqu'on observe les évolutions de volumes sur dix ans en Bretagne, en France et en Europe. Il s'agit bien d'une baisse structurelle qui traduit la perte de compétitivité de l'élevage breton vis-à-vis des autres pays producteurs européens. La Bretagne a perdu, entre 2001 et 2011,
1,24 million t, soit 12,8 % de ses volumes et la France 8 % à 20,95 millions t. Pendant ce temps-là, l'Allemagne a gagné 18 % à 21,7 millions t (premier rang européen devant la France) ; l'Espagne 5 % à 19,5 millions t, le Royaume-Uni 2 % à 14,32 millions t, etc. Aussi les industriels adhérents déclarent-ils être « actifs pour maintenir les filières animales en Bretagne et améliorer (leur) compétitivité ». De quelle manière ? En lissant le prix de l'aliment pour que l'éleveur supporte mieux la hausse mécanique du fait de la flambée du prix des matières premières ; en œuvrant sur différents dossiers, notamment la performance logistique : le 44 t, l'amélioration de la logistique portuaire, etc. Et en travaillant à la mise en place d'une politique de communication pour expliquer à tous le rôle stratégique de la filière de nutrition animale.

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