À l’échelle de l’UE et des États membres, « le potentiel des mesures axées sur la demande reste sous-exploité dans la politique alimentaire », analysent deux think tank, l’Iddri et Agora Agriculture (allemand), dans une publication du 5 mai. Or, des politiques « robustes » basées sur la demande contribueraient à atteindre plusieurs « objectifs sociétaux » : autonomie stratégique, réduction des émissions, santé publique… Les auteurs constatent qu’actuellement, les politiques sont « en grande partie basées sur la responsabilité individuelle des consommateurs » (éducation, information), alors qu’il faudrait aussi se préoccuper de « la disponibilité, du caractère abordable et de l’attrait des options saines et durables ». Le défi est donc de « construire des environnements alimentaires équitables où les choix durables et sains sont faciles à faire », explique Harald Grethe, directeur d’Agora Agriculture, dans un communiqué.
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L’étude s’est penchée sur des initiatives positives dans neuf pays de l’UE (dont la France) plus la Suisse et le Royaume-Uni, avec plusieurs cas par pays, par exemple : en Suède, des repas gratuits et plus durables dans les écoles ; en Espagne, une TVA temporaire en 2023 de 0 % sur les fruits et légumes ; au Royaume-Uni, une taxe sur les boissons sucrées non alcoolisées ; au Danemark, la promotion des aliments d’origine végétale. Autre cas danois : la création, en cours, d’un label climatique volontaire, contrôlé par l’État, pour lequel 2,9 M€ sont prévus entre 2022 et 2026. Le pays ayant déjà un label biologique, un label nutritionnel et un label sur le bien-être animal. Cette initiative a été « partiellement inspirée » par le test, en 2021 par le distributeur danois Salling Group, d’un d’étiquetage climatique simple basé sur la Big Climate Database, avec « des réactions positives des clients et un impact significatif sur les achats ». Par exemple, les ventes de bœuf ont baissé de 4 %, celles de viande en tranches de 6 %, « comparées à d’autres magasins sans labellisation climatique ».