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Industriels de l’alcool Objectif des éthanoliers, 50% des stations-service à l’E10 en 2013

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Les producteurs d’alcool agricole, réunis le 16 avril à l’assemblée générale de leur syndicat, le SNPAA, se sont fixé pour objectif que 50% des stations-services distribuent de l’essence à 10% d’éthanol (E10) en 2013, contre un tiers actuellement. Leur président, Bruno Hot, estime pouvoir convaincre les supers et les hypermarchés.

Un tiers des stations-service sont équipées en pompes permettant de distribuer de l’essence à 10% d’éthanol, l’objectif est maintenant que la moitié d’entre elles puissent le faire dès cette année, a indiqué Bruno Hot, président du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA), à l’assemblée générale de l’organisation le 16 avril. « Nous devons nous fixer un objectif pour 2013 de dépasser les 50%. Les efforts sont notamment encore à faire auprès des supers et hypermarchés. Mais tous en sont maintenant convaincus », a-t-il déclaré. Mais il faut aussi que le gouvernement « intègre dans ses réflexions sur la taxation écologique le bénéfice que peuvent apporter ces véhicules » roulant à l’éthanol en mélange dans l’essence.

Discussions en perspective sur la fiscalité

Déjà, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, la ministre de l’Écologie, Delphine Batho, a rappelé, à la satisfaction des filières de biocarburants, que le débat ne porte pas seulement sur le « mix électrique » (la somme des différentes sources de production d’électricité) « mais surtout sur la manière de réduire notre dépendance au pétrole ».
Mais l’enjeu du dossier des biocarburants, et de l’éthanol en particulier, est avant tout financier pour le gouvernement, et les professionnels devront « continuer à convaincre que les biocarburants sont une niche fiscale au profit de l’État ». Une mission des conseils généraux du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Écologie et de l’Énergie sera mise en place par le Premier ministre pour lui donner un avis sur le « niveau adéquat » de la fiscalité de nos biocarburants pour 2014 et 2015, a annoncé Bruno Hot. Ce dernier a demandé à FranceAgriMer d’élaborer une étude sur les soutiens pratiqués par les pays partenaires de l’UE à leur filière éthanol, en vue de discussions ces prochains mois avec le gouvernement et le Parlement.

Succès de la chasse aux contournements douaniers

Les importations européennes d’alcool sont passées de près de 24 millions d’hectolitres en 2008 à environ 12 millions en 2012, principalement en raison de l’effacement des contournements douaniers : d’abord l’effacement du contournement par le Brésil de 2009 à 2011, puis l’effondrement du contournement par les États-Unis de 2011 à 2012. Dans le cas américain, les États-Unis exportaient de l’éthanol sous une nomenclature douanière de produit chimique (CN 38.24) qui est assujettie à des droits moindres que l’alcool éthylique, produit exporté sous nomenclature CN 22.07.
La moindre concurrence du Brésil et des États-Unis ces dernières années s’explique aussi par une éviction du Brésil du marché international de l’alcool, temporaire du moins, le pays ayant besoin d’alcool pour son marché intérieur de la carburation. Quant aux États-Unis, ils ont connu une sécheresse en 2012 qui a fortement amputé leur récolte de maïs, la principale matière première de l’industrie d’éthanol.
La filière française de l’alcool estime avoir un potentiel de débouché en hausse. D’abord parce que, par rapport au voisin allemand, la consommation d’alcool est encore faible (11 millions d’hectolitres en France en 2011, contre près de 20 millions outre-Rhin). Ensuite, parce que l’éthanol ne représente que les deux tiers du marché de l’alcool, et que la consommation hors éthanol progresse : elle est passée de 2,6 millions d’hectolitres en 2003-2004 à 2,9 millions d’hectolitres en 2011-2012. Ce marché de l’alcool hors éthanol est tiré par le secteur des boissons, indique le SNPAA. Les autres composantes du marché de l’alcool hors éthanol sont la parfumerie, la chimie, la pharmacie, la vinaigrerie.
En France, l’alcool est produit à 49% à partir de betteraves et à 51% à partir de céréales.

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