Il y a neuf mois la plateforme d’études et de diagnostic sur l’emploi dans les industries alimentaires (Observia), mise en place de façon paritaire par les partenaires sociaux publiait ses premières analyses (1). Aujourd’hui, ayant complété son assise, qui est passée de 17 à 35 branches, soit près de 70 % du secteur, Observia est vraiment en mesure d’améliorer l’attrait des métiers alimentaires chez les jeunes, de faciliter la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, et d’éclairer les politiques de ressources humaines et de formation.
Le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez assure ces jours-ci que « le pire de la crise est passé pour l’emploi ». Pourtant, rien qu’à voir le rythme des défaillances d’entreprises augmenter chaque mois dans les statistiques, rien n’est moins sûr. Il n’est donc pas inutile que le premier employeur industriel français se soucie d’une gestion prévisionnelle de ses emplois. C’est bien ce que fait l’industrie alimentaire, consciente qu’elle est des tensions qui se préparent.
Le paradoxe c’est que les IAA ont mauvaise image, qui rend malaisées les politiques de recrutement. Pour s’en départir, elles mettent très fortement l’accent sur la communication. Un observatoire prospectif des métiers et des qualifications, baptisé Observia, a été conçu pour cela et il propose désormais suffisamment de données et d’études pour attirer les candidats. Il y a urgence car, en 2010, le secteur recrutera 17 000 personnes.
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Problème n°1 : l’attractivité
Pendant des années, l’industrie agroalimentaire a traîné une réputation désastreuse, celle de métiers aux conditions de travail difficiles. « Nous avons effectivement une mauvaise image, a convenu Jean-René Buisson, le président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) lors d’un colloque organisé par Observia ce mois-ci à Paris. Cela explique nos problèmes de recrutement qui sont récurrents et se traduisent bon an mal an par un chiffre de 10 000 emplois non pourvus. On voit les industries agroalimentaires comme un secteur travaillant dans le froid, dans des conditions pénibles ». Autre difficulté, l’ensemble « industrie agroalimentaire » ne constitue pas une branche, mais une multiplicité de branches. « Compte-tenu du grand nombre de branches, de règlementations et de conventions collectives, précise le président Buisson, il y avait auparavant une réelle difficulté à travailler ensemble et à mener une politique sociale commune ». Enfin, le secteur est surtout constitué de PME et la récente crise financière et économique aurait pu mettre leur solidité à rude épreuve. La bonne surprise, c’est que « l’activité dans l’industrie alimentaire a relativement mieux résisté à la crise que celle des autres industries et que ses effectifs n’ont régressé que de 1,3 % sur un an, contre une baisse moyenne de -5 % », a noté Jean-René Buisson qui s’est félicité de ce que les entreprises agroalimentaires ont peu tendance à délocaliser étant donné leur lien parfois étroit avec l’agriculture locale.