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FINANCEMENT Océane reste fidèle à ses banques… plus précautionneuses

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Pour financer l'extension de sa nouvelle plate-forme d'expédition, la coopérative maraichère nantaise s'est tournée vers ses banques historiques, qui lui ont accordé un prêt bancaire à un taux variable attractif. Mais elle constate que celles-ci sont plus précautionneuses.

FONDÉE en 1993, Océane a fêté l'an dernier ses vingt ans. L'âge de la maturité pour cette coopérative maraichère qui réunit aujourd'hui près de 70 producteurs de fruits et légumes de la région nantaise. Autant dire que l'entité, dont le chiffre d'affaires a doublé en dix ans, pour franchir la barre des 100 millions d'euros fin 2013, a dû s'organiser pour faire face à ses besoins de financement.

A court terme, il s'agit de besoins de « trésorerie de campagne » : en pleine saison des légumes, Océane affiche un besoin de fonds de roulement qui peut atteindre 5 millions d'euros, alors que sa trésorerie est positive au cœur de l'hiver. « Nous finançons traditionnellement notre BFR auprès de nos trois partenaires bancaires. Ils nous accordent des billets de trésorerie, sur trois ou quatre mois. Nous sommes évidemment très dépendants du marché et de la météo, nos besoins variant en fonction des cours et de nos volumes de production, mais nous avons prouvé, d'année en année, que nous respections nos engagements et nos objectifs de chiffre d'affaires », explique Dominique Calais, le directeur général de la coopérative. Les banques n'interviennent pas véritablement en « pool » mais, les négociations étant menées de façon transparente, les conditions proposées par chaque établissement sont finalement identiques, aboutissant pour Océane à un financement homogène, à un taux variable correspondant à l'Euribor plus une marge. La répartition, en revanche, ne se fait pas en trois parts égales. « Chacune de nos banques finance une quote-part proportionnelle aux flux que nous réalisons avec elle », explique Dominique Calais.

À long terme, les besoins financiers d'Océane se limitent à d'importants investissements. En 2008, Océane a ainsi construit – pour 5 millions d'euros – une nouvelle plateforme d'expédition, plateforme dont la taille a été doublé e cette année, requérant 4 millions d'euros supplémentaires. Deux projets financés par deux des établissements financiers de la coopérative, au moyen de prêts bancaires classiques à long terme, puisqu'ils s'échelonnent de 7 à 15 ans. Si Océane avait opté en 2008 pour des financements à taux fixes, la coopérative a cette année pris le risque du taux variable, compte tenu de l'attractivité actuelle de ces derniers.

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« TENIR BON » FACE AUX BANQUES

En six ans, la coopérative a bien senti les changements advenus sur le marché bancaire, tout comme la frilosité croissante de ses interlocuteurs. « Alors qu'en 2008, les banques se proposaient pour nous prêter de l'argent, cette année nous avons dû aller les chercher. Et elles ont cherché à modifier nos conditions de garanties, mais nous avons tenu bon : la meilleure garantie, c'est une coopérative qui fonctionne bien et qui respecte ses engagements financiers », estime Dominique Calais, qui se réjouit de toujours bénéficier de la « confiance » de ses partenaires bancaires. Lesquels reçoivent d'Océane des situations financières trimestrielles, bénéficiant d'une grande transparence sur les tableaux de bord de la coopérative. Aller voir ailleurs ? La reine de la mâche n'en voit pas l'intérêt pour l'instant. « Les banquiers sont là pour prêter. Les assureurs pour assurer. Chacun son métier ».

AGROFINANCE, LE RENDEZ-VOUS INDISPENSABLE POUR LE FINANCEMENT DE L'ENTREPRISE AGROALIMENTAIRE
Les ingénieurs agronomes du Groupe Agrofood et Agra Alimentation organisent le 25 novembre 2014 à Paris la 11e édition du colloque biennal Agrofinance. Dans un contexte mondial en pleine évolution, les Industries agroalimentaires gardent leurs atouts pour assurer un développement pérenne. L'agroalimentaire français, 1er employeur et 1er exportateur de France, compte des leaders mondiaux dans des domaines stratégiques tout autant que des PME qui ne demandent qu'à se développer. Face aux besoins de l'industrie agroalimentaire française, de nouveaux modes de financement se mettent en place. Le rendez-vous Agrofinance aura lieu sur le thème : « La créativité au service du financement de l'agroalimentaire ». Figurent déjà parmi les participants aux tables rondes : Olivier Casanova (DAF Tereos) ; J. Ph. Girard (Ania, Eurogerm) ; Ph. Du Mesnil (Ceva) ; Fatine Layt (Oddo) ; Thierry Simon (CACIB) ; Jean-Philippe Puig (Sofiprotéol) ; Bert Van de Vaart (SEAF). Christophe Tournier directeur executif de CMCIC Capital Finance ; Thierry Goubault (p.-d.g. Charles et Alice).
Information et inscription : www.agrofinance.fr