Auditionné par le Sénat le 12 novembre, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a confirmé que des discussions avaient été lancées sur le devenir de l’Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (Odeadom), mais précisé que « rien n’est arrêté ». Lors de son audition par la commission des affaires économiques dans le cadre du projet de loi de finances (PLF), le ministre a évoqué la possibilité de faire des « présidents de chambre d’agriculture » les « principaux responsables des programmes agricoles en Outre-Mer », le tout « au sein d’un conseil spécialisé de FranceAgriMer ». « On lance la discussion. Rien n’est arrêté encore », a-t-il ajouté. Le ministre répondait à une question du sénateur de Saint-Barthélemy, Michel Magras.
« L’objectif, ce n’est pas de mettre à mal l’agriculture et le tuyau d’aides européennes ou nationales dans les départements d’outre-mer. Ce que je souhaite c’est que ce soit les chambres d’agriculture, les professionnels agricoles qui gèrent eux-mêmes et aient plus de pouvoir », a précisé le ministre. L’Odeadom est l’organisme chargé notamment de la gestion des aides du premier pilier de la Pac adaptées aux outre-mer (Posei). Sa possible disparition s’inscrit dans la volonté du gouvernement de limiter le nombre de « petites structures » ministérielles.
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L'établissement revendique un soutien des filières locales. Auditionné la semaine dernière par la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale, le directeur de l’Odeadom avait indiqué qu’un courrier signé par 70 représentants des interprofessions agricoles végétales et animales des 5 départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, la Réunion, Mayotte) avait été envoyé aux ministères de l’Agriculture et des Outre-mer pour affirmer leur attachement à l’établissement. « J’ai parlé avec beaucoup de présidents de chambres d’agriculture qui critiquaient l’Odeadom », a toutefois affirmé Didier Guillaume lors de son audition, estimant qu’il y avait un « intérêt à faire bouger les choses pour que les responsables agricoles soient plus en responsabilité ».
Didier Guillaume veut davantage de pouvoir pour les chambres d'agriculture