La Belgique a reçu l’autorisation de la Commission européenne pour indemniser ses producteurs affectés par la crise du fipronil, tandis que, aux Pays-Bas, l’organisation agricole LTO menace de porter plainte contre l’agence sanitaire nationale.
La Commission européenne a autorisé le 12 décembre la Belgique à octroyer des compensations aux producteurs affectés par la crise du fipronil dans le cadre d’un régime d’aide financé à hauteur de 21,8 millions € par le budget national, applicable jusqu’au 30 avril 2018 et géré par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Elle a aussi donné son feu vert à un soutien de la Wallonie pour couvrir à hauteur de 350 000 € les dépenses supplémentaires engendrées par les mesures prises contre cette crise (destruction du fumier et des excréments contaminés et transport vers le lieu de destruction).
Les coûts éligibles au régime d’aide fédéral sont ceux liés à la destruction des œufs non conformes et des volailles pondant des œufs non conformes, à la perte de valeur des œufs conformes suite au blocage de l’entreprise, à la valeur des poules pondant des œufs non conformes détruits, aux réductions de valeur des œufs conformes dans les poulaillers de multiplication, au nettoyage et à la décontamination des espaces de stockage et installations, à la non-utilisation de l’infrastructure. L’intensité de l’aide varie selon le type de coûts.
Les risques du métier
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L’organisation agricole néerlandaise LTO a menacé le 13 décembre l’organisme national chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire (NVWA) d’actions en justice à la suite de la crise des œufs contaminés à l’insecticide fipronil. Celle-ci, estime-t-elle, « aurait pu éviter de grands dégâts et n’a donné aucune chance au secteur de prendre lui-même ses responsabilités », alors que « les éleveurs sont encore confrontés tous les jours aux conséquences du scandale ».
Les pertes financières pour le secteur sont de 65 à 75 millions €, d’après un rapport du centre de recherches économiques de Wageningen commandé par le ministère des affaires économiques.
La ministre de l’agriculture, Carola Schouten, a averti le 12 décembre que les aviculteurs ne devaient pas s’attendre à des compensations de la part de l’État, jugeant que cela faisait partie des risques du métier.