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Nous voilà au seuil d’une nouvelle phase « offensive » de l’action gouvernementale si l’on en croit plusieurs déclarations de ministres inaugurées par Arnaud Montebourg et poursuivies, ces jours derniers, notamment par Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture.
Cette offensive – le mot est de Stéphane Le Foll – viserait à concilier la rigueur budgétaire et une dose de relance économique en mobilisant l’épargne des Français. Le projet est louable. Ce pays a besoin d’une franche relance sans déficit pour lui redonner un peu de moral. Reste à savoir s’il sera possible de mobiliser cette épargne de précaution et les fonds d’assurance-vie vers des investissements de PME. Au moment où les banques, elles-mêmes touchées par des règles prudentielles plus sévères, n’ont pas trop envie de faire du crédit sans garantie béton, cela ressemble à un vrai pari. Et ce n’est pas la Banque publique d’investissement (BPI), si souvent citée, qui va pouvoir prendre en charge la relance du pays.
Pour relever ce défi, le gouvernement devrait d’abord convaincre ses propres services du budget. Les propos de Stéphane Le Foll sonnent étrangement aux oreilles des organisations agricoles qui voient l’administration des finances ponctionner tout ce qu’elle peut, taxer dès qu’elle peut. La hausse des prix des grandes cultures donne-t-elle un excédent de recette de 6 millions pour le fonds de développement (Casdar) ? Bercy ne manque pas de récupérer le pactole. L’assurance-récolte marche plutôt bien chez les céréaliers ? Bercy rêve d’en diminuer le soutien public. Un même Bercy qui voit sans doute d’un bon œil les écologistes proposer des taxes tous azimuts sur l’azote et autres facteurs de production. On sait que cela n’a que peu d’effet sur la consommation d’intrants. Mais on se donne bonne conscience… et beaucoup de sous pour réduire les déficits. Sans du tout soutenir la croissance.