Accusés de favoriser le mauvais cholestérol, les acides gras (AG) trans font l’objet d’une attaque en règles des experts scientifiques français. Ils préconisent l’introduction de teneurs maximales d’AG trans dans certains produits ainsi qu’une réduction drastique de la consommation de plusieurs familles de denrées à forte concentration de ces substances.
L’Agence française pour la sécurité des aliments (Afssa) prend le contre-pied de l’Autorité européenne (AESA). Elle enjoint les Français « de réduire de 30% au moins la consommation d’aliments fortement contributeurs d’AG trans et de faible intérêt nutritionnel comme les viennoiseries, les pâtisseries, les barres chocolatées, les biscuits, etc. », dans un avis rendu public le 4 avril. Elle prend une position à l’exact opposé de l’AESA.
Potentiel de risque
Dans un avis de juin 2004 Voir Agra industrie n°71 du 1er juillet 2004, cette dernière refusait de faire une distinction entre ces matières grasses « néfastes » qui sont soit d’origine naturelle, le lait notamment, soit d’origine « technologique » du fait par exemple de l’ajout de margarines industrielles dans les produits transformés. Du coup, elle s’opposait à demi-mot à un étiquetage spécifique ou à l’introduction de seuils maximaux de présence d’acides gras trans. Ils sont dix fois moins consommés que d’autres acides gras et donc, « l eur potentiel de risque est moindre », se prévalait l’un des experts scientifiques de l’AESA.
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A l’inverse, l’Afssa demande « de fixer des teneurs maximales en AG trans dans les produits où ces teneurs peuvent être maîtrisées techniquement : dans les graisses visibles (huiles de table, margarines) et dans les produits qui contiennent des quantités importantes de graisses cachées d’origine technologique tels que les viennoiseries, les barres chocolatées, etc. » De plus, les experts scientifiques français militent pour un étiquetage nutritionnel spécifique des acides gras trans. Il permettait aux consommateurs d’adapter leur consommation aux recommandations et inciterait les professionnels à porter une attention particulière aux AG trans, argumente l’Afssa.
Le lait et les produits laitiers – qui présentent des niveaux important d’AG trans – sont relativement épargnés par l’Agence française. Elle met en avant « les besoins en calcium de la population », mais conseille aux consommateurs de « privilégier des produits demi-écrémés ou écrémés. » Les experts scientifiques privilégient pour ces denrées une « réflexion sur l’impact des pratiques traditionnelles d’élevage sur les teneurs en AG trans des produits d’origine laitière destinés à la consommation humaine ». Elles peuvent varier du simple au triple, soulignent-ils.