Cultivant avec un certain succès l’art du double langage, la Commission européenne est parvenue, lors de son récent débat d’orientation sur les OGM, à lancer deux « messages clairs » mais contradictoires. L’un à destination de l’opinion publique : les semences en attente d’autorisation vont une nouvelle fois être passées au crible dans le plus grand respect du principe de précaution ; et ce n’est pas demain qu’elles seront autorisées. L’autre ciblé sur les professionnels : avant l’été, un coup de canif va être porté à la politique de tolérance zéro, menée ces dernières années au nom du même principe de précaution. Ce dernier est censé faire de l’Europe un bastion étanche à tout transgénique qui n’a pas réussi son examen de passage à Bruxelles. Il agace de plus en plus l’industrie des biotechnologies qui voit les pays fournisseurs de l’UE rechigner à mettre en culture ses nouveaux produits s’ils n’ont pas reçu la caution du Vieux continent. Il irrite aussi l’industrie européenne des aliments pour animaux qui l’accuse de mettre en péril ses approvisionnements en soja ou en maïs. Les deux secteurs vont donc obtenir gain de cause. Dans le même temps, un dernier message a été adressé par la Commission, cette fois aux chefs d’Etat et de gouvernement. Longtemps défendu par l’exécutif européen, le laborieux processus d’examen des dossiers d’OGM qui, au final, permet à Bruxelles de trancher sans l’aval des Vingt-sept, est en sursis. Des contacts vont être établis au plus haut niveau.
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