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Maïs NK 603 et Round Up OGM : le débat se recentre sur les questions politiques

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Les auteurs de l’étude sur les effets du maïs NK603 et du Round Up s’apprêtent à publier une réponse aux critiques scientifiques adressées à leur publication. Une étude qui, selon eux, met plutôt en lumière des questions politiques.

Après la fronde scientifique, la polémique soulevée par l’étude sur l’OGM NK603 et le Round Up prend une dimension nettement politique. « Au delà des résultats, notre étude montre que les tests faits sur les OGM pour leur autorisation et sur les pesticides sont insuffisants pour assurer la santé de la population mondiale », a affirmé lui-même Joël Spiroux, co-auteur de l’étude polémique sur les OGM. Il s’exprimait le 16 octobre à Paris, lors d’une conférence de presse. Les auteurs présentaient leurs contre-arguments aux critiques d’ordre scientifique qui ont été adressées à leur étude depuis sa publication. La frontière entre scientifique et politique est désormais posée. En effet, ces réponses seront publiées, comme le veut l’usage pour les études scientifiques polémiques, dans la revue qui a publié le papier initial.

Les demandes d’autorisation sous le feu des projecteurs

En revanche, « le sujet majeur, ce n’est pas l’étude de Gilles-Eric Séralini », a souligné Corinne Lepage, eurodéputée. Cette étude et le battage médiatique dont elle a fait l’objet posent la question de la révision des procédures de demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM), pour les OGM et les pesticides. Pour les auteurs Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux, qui sont aussi respectivement présidents du Criigen et de son comité scientifique, les travaux demandés aux industriels qui déposent des demandes d’AMM doivent exiger des tests sur les effets sanitaires à long terme sur les rats. Pour les OGM résistants, ou sécrétant un pesticide, ils devraient porter aussi sur les possibles effets conjoints de ces deux propriétés. Enfin, pour les pesticides, c’est la formulation complète, celle qui est vendue, qui devrait être testée pour les demandes d’AMM et non la seule substance active contenue dans le produit vendu.

Agences, états et experts

Pour Corinne Lepage, c’est la question de l’indépendance des agences et des conflits d’intérêt qui est posée. « Je ne supporte plus que des experts qui ont des liens avec un certains nombre d’entreprises demanderesses d’autorisations donnent des avis favorables sur des produits qui sont ensuite autorisés, les experts considérant qu’ils ne ont responsables de rien parce qu’ils ne font que donner un avis, et les politiques considérant qu’ils ne sont responsables de rien parce qu’ils ne font que suivre un avis », a affirmé l’eurodéputée. L’Efsa, l’Agence européenne de sécurité sanitaire, le principal objet de sa fronde. « Il y a des efforts considérables faits au sein de l’Anses » (agence nationale de la sécurité sanitaire) pour éviter les conflits d’intérêt, a relevé Corinne Lepage, mais pas au sein de l’Efsa ».
Le prochain épisode de cette polémique ne devrait plus tarder. Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) rendra son avis sur cette étude le 22 octobre. Les auditions des auteurs par l’Anses et le HCB se sont déroulées dans deux ambiances très différentes, selon eux. Elle était « au dialogue » à l’Anses, ont-ils estimé, en confiant qu’ils ont « commencé à fournir des données ». Mais ils évoquaient un « tir en règle » de la part du HCB. Aucune audition n’a été organisée par l’Efsa, qui a rendu un avis préliminaire défavorable le 4 octobre.

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