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Recherche OGM : pas de risques sur la santé ou l’environnement, conclut la recherche suisse

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Alors que le moratoire suisse sur les OGM arrive à échéance dans un an, une étude commandée par le gouvernement helvète livre des conclusions très favorables aux biotechnologies.

Au regard des connaissances actuelles, les plantes génétiquement modifiées ne sont nuisibles ni pour la santé ni pour l’environnement ; toutefois, leur intérêt économique pour les agriculteurs est aujourd’hui limité. Telles sont les principales conclusions du programme national de recherche PNR59, dédié à cette question, qui a publié, le 28 août, ses résultats.
Chargé par la Conseil fédéral de réaliser cette étude, le Fonds national suisse de la recherche scientifique a analysé plus de 1000 études internationales et s’est appuyé sur une trentaine de projets de recherche. Onze d’entre eux étaient consacrés « aux risques éventuels de plantes génétiquement modifiées pour l’environnement » : écologie des sols, biodiversité, flux de gènes et répercussions sur les organismes non cibles. Neuf de ces projets impliquaient des groupes de recherche universitaires suisses. Certes, la littérature signale, avec un recul de vingt ans de cultures de plantes génétiquement modifiées, des effets négatifs des OGM (résistances des organismes cibles, atteintes d’organismes non cibles, réduction de la biodiversité ou apparition d’adventices indésirables). Mais « il ne s’agit toutefois pas de conséquences spécifiques au génie génétique », concluent les scientifiques suisses, mais d’une gestion agricole inappropriée, comme la monoculture ou l’emploi trop important d’herbicides.

L’échéance du moratoire se rapproche

Le sujet a de quoi être brûlant en Suisse : un moratoire sur l’utilisation commerciale des plantes génétiquement modifiées a été approuvé par la population en 2005. Prévu pour cinq ans, il a été prolongé de trois ans par le Parlement et doit arriver à échéance en novembre 2013.
Ceci explique peut-être la virulence des réactions à cette publication. Greenpeace a déploré que les études ne se penchent pas sur les conséquences sanitaires de la consommation d’OGM. Un message également porté par l’organisation StopOGM. Cette dernière juge que « le choix du blé comme modèle d’étude est malheureux, car aucun essai mené avec du blé génétiquement modifié (GM) dans le monde n’a conduit jusqu’à présent à une commercialisation et aucun blé GM ne sera commercialisé dans les années à venir. (…) Les résultats (…) n’apportent rien au débat sur le moratoire. » L’Union suisse des paysans retient quant à elle que « la culture de plantes génétiquement modifiées est inutile d’un triple point de vue : écologique, agronomique et économique. » Elle relève, ce que mentionnent d’ailleurs les conclusions du PNR59, que les consommateurs helvètes restent partagés sur l’opportunité d’ouvrir les portes de la Suisse aux OGM. Enfin, l’USP regrette que ces études ne prennent « pas en compte les coûts de la séparation des flux de marchandises et la question de la responsabilité civile en cas de contamination. ». En conclusion, l’Union demande la prolongation du moratoire suisse jusqu’en 2017.
Les responsables du PNR59 sont bien loin de ces avis. Ils jugent d’ailleurs que la coexistence est possible en Suisse, entre les cultures GM et non GM. Les coûts afférents pourraient baisser si les producteurs « se concertent et fusionnent en zones de production ». Et la rentabilité économique des cultures génétiquement modifiées pourraient augmenter en cas de pression accrue des maladies ou « s’il devenait possible de cultiver des variétés qui présentent plusieurs résistances combinées », par exemple à un herbicide et à une maladie.

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