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Association française des biotechnologies végétales OGM : un débat sur le terrain politique plus que scientifique

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Un changement de posture s’opère à l’AFBV, comme l’a montré son colloque le 1er octobre ayant pour thème « Les biotechnologies végétales : quels enjeux pour la société ? » Toute argumentation scientifique sur les OGM apparaît désormais inutile.

«La recherche et les biotechnologies végétales sont totalement absentes de la loi d’avenir sur l’agriculture qui sera soumise prochainement au Parlement », a déploré le 1er octobre l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales), en marge d’un colloque. « Ce mépris de la recherche est de très mauvais augure pour la compétitivité future de notre agriculture », ajoute son communiqué. Au menu de la conférence, organisée en partenariat avec la Saf-Agriculteurs de France : « Les biotechnologies végétales : quels enjeux pour la société ? ». Un thème qui illustre le changement de posture de l’AFBV. « Il n’y a plus de débat scientifique sur les risques spécifiques pour la santé et l’environnement des PGM (plantes génétiquement modifiées, ndlr) autorisées, explique l’association. En revanche, un vrai débat sociétal existe. » Inutile dans ces conditions de poursuivre une argumentation scientifique.
« Les OGM sont devenus un objet politique, a estimé le professeur Philippe Chalmin, intervenant lors d’une table ronde. Des Verts ont trouvé cet objet, accrocheur pour nos citoyens. Il ne faut pas répondre avec rationalité. Vos arguments de cet ordre ne servent à rien. Les opposants utilisent à leur profit le moindre doute qu’un honnête scientifique doit émettre. » Comment réhabiliter les OGM ? La tâche lui paraît insurmontable. « L’essentiel du mal est fait auprès des consommateurs et c’est instrumentalisé par l’industrie agroalimentaire, la grande distribution. »
 
Déficience du Haut Conseil des biotechnologies
Les premiers à pâtir d’une telle situation sont les semenciers. François Desprez, leur président à l’UFS, situe le préjudice dans l’« incapacité à mettre en œuvre l’expérimentation OGM en plein champ. Le deuxième obstacle est la non-décision des pouvoirs publics. » En cause, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), dont « la composition ne permet pas le consensus ». D’où un défaut d’expertise.
« La croissance de l’industrie semencière mondiale est tirée par les OGM et les biotechnologies intégrées, a souligné François Desprez. Les entreprises vont investir dans les marchés qui se développent. En cas de blocage réglementaire ou politique, le risque est de voir l’innovation et la recherche se déplacer ailleurs. » La menace se propage même au-delà des OGM, avec une campagne de dénigrement de la mutagénèse et des hybrides. « Il faut lutter d’arrache-pied pour éviter que l’ensemble des techniques de sélection courante soit assimilé à la transgénèse. »
Selon lui, la recherche publique manque d’engagement. « L’Inra accepte de plus en plus un rôle d’expert plutôt que d’acteur, a-t-il dénoncé. C’est dramatique. Il lui faut s’engager dans les biotechnologies. »

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